Politique

Gabon : comment Ali Bongo Ondimba a fermé la porte à Guy Nzouba Ndama au Sénat

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Ali Bongo Ondimba à Addis-Abeba, en janvier 2018

Ali Bongo Ondimba à Addis-Abeba, en janvier 2018 © Tiksa Negeri/REUTERS

Le 1er mars, le nouveau bureau du Sénat gabonais a été adopté. En marge de la réélection de Lucie Milebou-Aubusson à la présidence, le parti au pouvoir a indiqué clairement qu’il ne laisserait aucune marge aux Démocrates de Guy Nzouma Ndama. Voici les détails de cette bataille feutrée.

Ce 1er mars, au Sénat gabonais, les regards étaient rivés sur Lucie Milebou-Aubusson. La présidente de la chambre haute allait-elle être réélue ? Il n’y a finalement pas eu de surprise. Reconduite à l’unanimité, cette fidèle du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) a été maintenue dans ses fonctions. La bataille entre majorité et opposition s’est en revanche jouée ailleurs.

Selon nos informations, ce sont les postes de questeurs qui ont donné lieu à des tractations. La première force d’opposition, Les Démocrates de Guy Nzouba Ndama (quatre sénateurs), n’a en effet proposé aucun candidat pour les fonctions de vice-président et de secrétaire (quatre titulaires par catégorie), tous attribués au PDG, archi-dominateur à la chambre haute.

Les choix d’Ali Bongo Ondimba

Le parti au pouvoir en a profité pour asseoir son hégémonie, promouvant des personnalités nommées par le président Ali Bongo Ondimba (et donc non élues) : Steeve Nzeko Dieko (Ogooué-Ivondo, quatrième vice-président), Yvette Berthe Mbene Mayer (Moyen-Ogooué, première secrétaire) et Honorine Nzet Bithegue (Woleu-Ntem, quatrième secrétaire).

Cette dernière, un temps pressentie pour remplacer Lucie Milebou-Aubusson, est une militante pour les droits des femmes et une proche de la première dame, Sylvia Bongo Ondimba et de sa fondation, avec qui elle a souvent travaillé. Sa présence, ainsi que celle d’Yvette Berthe Mbene Mayer, permet de répondre à un souhait de la présidence : la parité au sein du secrétariat du nouveau Sénat, les deux autres postes ayant été attribués à Aurélien Mbadinga Mbadinga et à Jean Victor Ndoumba Mbadinga.

Selon nos sources, Guy Nzouba Ndama, président des Démocrates mais non élu au Sénat, espérait en revanche obtenir pour l’un de ses quatre élus un poste de questeur. Ces dernières semaines, il avait multiplié les signes en direction du PDG afin de pousser Ali Bongo Ondimba à un geste d’ouverture. Le chef de l’État n’ayant nommé aucun sénateur « démocrate », Nzouba Ndama avait en ligne de mire la fonction de deuxième questeur, la dernière dans l’ordre protocolaire du bureau.

Maganga Moussavou plutôt que Nzouba Ndama

Las, le PDG a choisi de soutenir un autre parti d’opposition modérée, le Parti social démocrate (PSD), et Pierre Moussounda, son seul sénateur, pour compléter le bureau de la chambre haute. S’estimant lésés, les quatre parlementaires des Démocrates ont préféré boycotter le vote pour le nouveau bureau de la chambre haute.

Selon nos informations, en soutenant le PSD, les stratèges « pédégistes » cherchaient à faire coup double : tempérer les ambitions des Démocrates de Guy Nzouba Ndama (lequel a déjà obtenu pour ses troupes des postes de quatrième vice-président et de deuxième questeur à l’Assemblée), et tendre la main à Pierre Claver Maganga Moussavou, ancien vice-président de la République.

Président du PSD, ce dernier est le père du ministre de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou (lequel a épousé récemment Alia Maeva Bongo Ondimba, demi-sœur du chef de l’État), et le mari de la députée Albertine Maganga Moussavou. Cette dernière siège à l’Assemblée nationale comme sixième secrétaire. Elle préside également le groupe parlementaire des Forces démocratiques et républicaines.

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