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Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko (ici en janvier 2016), est décédé le 10 mars 2021.

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Décès d’Hamed Bakayoko : la Côte d’Ivoire face à la disparition d’« Hambak »

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Bakayoko, G5 Sahel, Bédié… Les coulisses du dîner entre Macron et Ouattara

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Mis à jour le 5 mars 2021 à 12:04

Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, ici le 12 novembre 2018, ont déjeuner ensemble à l’Élysée le 4 mars 2021. © Michel Euler/AP/SIPA

Le 3 mars, le président ivoirien a été reçu à dîner par Emmanuel Macron au palais de l’Élysée, qu’il n’avait pas revu depuis le 4 septembre.

Arrivé à l’Élysée en compagnie de Masséré Touré, sa directrice de la communication, de Roland Adjo-Lessing, son conseiller aux relations multilatérales, et de Maurice Kouakou Bandaman, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Alassane Ouattara a dîné avec son homologue français pendant plus de deux heures en compagnie de leurs épouses respectives, Dominique Ouattara et Brigitte Macron.

Les deux chefs d’État ont d’emblée évoqué la santé d’Hamed Bakayoko, le Premier ministre ivoirien, arrivé en France pour s’y faire soigner le 18 février. Il est hospitalisé à Paris depuis le 3 mars et sa situation est jugée préoccupante par ses médecins. Ouattara, qui devait rentrer à Abidjan ce 4 mars, a profité de son séjour à Paris pour lui rendre visite.

Emmanuel Macron et son hôte ont également évoqué la situation sécuritaire régionale.

Soutien financier accru au G5

Aux yeux du président français, la Côte d’Ivoire doit être un élément essentiel dans la lutte contre la menace jihadiste qui s’étend du Sahel vers les pays du golfe de Guinée. Une analyse partagée par son homologue ivoirien, dont l’une des priorités est de sécuriser sa frontière nord avec le Mali et le Burkina Faso.

Macron a présenté à Ouattara les conclusions du sommet du G5 Sahel à N’Djamena, les 15 et 16 février, et lui a expliqué son intention de réajuster son dispositif militaire au Sahel d’ici quelques mois. Ils ont également évoqué la nécessité d’associer davantage les pays côtiers à ceux du G5 Sahel pour renforcer leur coopération dans la lutte contre la menace jihadiste, notamment en allant au-delà de l’Initiative d’Accra.

La question d’un soutien financier accru de la Côte d’Ivoire à la force conjointe du G5 Sahel a aussi été abordée. Il faut encore trouver 26 millions d’euros pour boucler le budget de cette force d’ici à la fin de l’année et servir en partie au paiement des primes des différents contingents engagés. Alassane Ouattara s’est engagé à participer à cet effort financier, comme Macky Sall l’avait fait lors du sommet du G5 Sahel à N’Djamena, et à solliciter une nouvelle contribution financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

La nécessité d’accroître encore les activités de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, dont l’objectif est de former les forces de sécurité régionales à la lutte antiterroriste, a également été évoquée.

Discussions avec Bédié et Ouattara

Enfin, Macron et Ouattara ont fait un point sur la situation politique en Côte d’Ivoire. Ce dernier a fait part à son homologue des avancées du dialogue avec ses opposants et a insisté sur la participation de l’ensemble des forces politiques aux élections législatives du 6 mars, une première depuis plusieurs années.

Il a également affirmé qu’il était toujours en contact avec Henri Konan Bédié, qu’il devrait par ailleurs revoir après les législatives. Quant à ses relations avec Laurent Gbagbo, actuellement à Bruxelles et qui espère rentrer en Côte d’Ivoire dès que possible, Ouattara a indiqué à son hôte que les canaux de discussion étaient toujours ouverts entre eux mais qu’il attendait que la procédure devant la Cour pénale internationale aille à son terme avant de prendre une décision.