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Or : au Burkina Faso, trois nouvelles mines vont doper la filière en 2021

Réservé aux abonnés | | Par - à Ouagadougou
La mine d’or de Mana (ouest), exploitée par Endeavour, depuis son opération de fusion-acquisition avec Semafo, en 2020.

La mine d'or de Mana (ouest), exploitée par Endeavour, depuis son opération de fusion-acquisition avec Semafo, en 2020. © Renaud VAN DER MEEREN /EDJ

Avec 17 mines industrielles exploitées et 60 tonnes produites en 2020, la filière aurifère est en pleine forme malgré les crises sécuritaire et sanitaire.

Avec une production de 60 tonnes (t) en 2020 – contre 35 t en 2015 – et un chiffre d’affaires estimé à plus de 2 000 milliards de F CFA (plus de 3 milliards d’euros), la filière aurifère burkinabè poursuit sa croissance, portée par l’entrée en phase d’exploitation de nouvelles mines, comme celle de Sanbrado (par une filiale de l’australien West African Resources), par l’extension de gisements déjà en activité, ainsi que par la bonne tenue des cours de l’or.

Maintien de bonnes performances opérationnelles

Cette année, trois nouvelles mines devraient entrer en phase de production, l’une développée par la compagnie canadienne Roxgold à Boussoura (sud-ouest), près de Batié, et les autres par Riverstone Karma et Houndé Gold, détenues par un autre minier canadien, Endeavour Mining, qui, en novembre 2020, a racheté son compatriote Teranga Gold, moyennant 1,86 milliard de dollars.

Cette opération, combinée à la fusion-acquisition, quelques mois auparavant, de la Société d’exploitation minière en Afrique de l’Ouest (Semafo), place désormais Endeavour parmi les plus grands producteurs d’or cotés à Londres, avec 1,5 million d’onces produites par an (soit plus de 42,5 t).

« Ce sont autant de facteurs qui ont permis à notre secteur de maintenir la production et de se montrer résilient face à la pandémie de Covid-19 », explique Tidiane Barry, président de la Chambre des mines du Burkina (CMB). Malgré la crise sanitaire, les compagnies minières ont en effet maintenu de bonnes performances opérationnelles en 2020, certaines dépassant même leurs objectifs de production, comme Roxgold, qui a extrait de sa mine de Yaramoko (Ouest), qu’elle exploite depuis juin 2016, plus de 133 940 onces (environ 3,8 t) d’or, au lieu des 120 000 onces prévues.

Bomboré devrait produire 1,6 million d’onces sur une durée de vie de treize ans

La production attendue pour 2021 devrait être similaire à celle de 2020, même si l’entrée en phase de production de la mine de Bomboré (Centre) a été reportée à 2022. Selon l’étude de faisabilité, Bomboré devrait produire 1,6 million d’onces sur une durée de vie de treize ans, avec une moyenne annuelle de 133 800 onces pendant les dix premières années d’exploitation.

La junior canadienne Orezone Gold poursuit donc le développement de la mine, financé par Coris Bank. « C’est la preuve que le secteur financier local est capable d’accompagner des projets miniers d’envergure », souligne Tidiane Barry.

Éponger la dette

En attendant, la CMB multiplie les négociations avec le ministère des Finances pour éponger la dette de l’État envers les sociétés minières, dont le montant total est estimé à plus de 100 milliards de F CFA. « Avec plus de 40 milliards de F CFA de TVA dus au retard de remboursement, la situation demeure critique », assure le président de la chambre des mines.

De son côté, l’ONG Orcade remarque que, alors que le pays compte désormais 17 mines d’or industrielles en exploitation, la contribution du secteur en matière de recettes directes, environ 300 milliards de F CFA, est relativement faible.

« L’État n’a pas su créer les conditions pour suivre et contrôler l’activité minière, ni former une masse critique de compétences et de PME, capables d’occuper les postes clés et de proposer des services de qualité aux sociétés minières », regrette Jonas Hien, directeur exécutif d’Orcade.

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