Gastronomie

Épicerie fine : Kwenda donne le goût des saveurs africaines

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Mis à jour le 20 mars 2021 à 11h35
Bineta Sy s’est lancée dans l’aventure Kwenda en parallèle de son métier de responsable RH dans le secteur des transports.

Bineta Sy s’est lancée dans l’aventure Kwenda en parallèle de son métier de responsable RH dans le secteur des transports. © Kwenda

En quelques mois d’existence, la petite société a réussi à lancer une gamme de produits bruts et transformés d’un grand raffinement qui jongle avec hibiscus, fruit de baobab et gousse de vanille.

Et si l’excellence en matière d’épicerie fine africaine avait enfin un nom ? La marque Kwenda (« aller », en swahili), lancée il y a quelques mois seulement, en novembre 2020, semble cocher toutes les cases, entre vrai enracinement dans le continent et adéquation aux tendances de la gastronomie haut de gamme occidentale. La société revendique, comme il se doit, une démarche de commerce équitable et d’économie solidaire, grâce à un travail en lien direct avec des petits producteurs et des coopératives de femmes en Afrique.

Elle assume également un souci écologique, qui passe par exemple par l’utilisation de bocaux en verre, facilement réutilisables… Le blog lié au site marchand propose même différents moyens de recycler les contenants en lampes ou pot de fleurs. Le transport des matières premières, issues du Sénégal, de Madagascar ou du Mali se fait non pas par avion, mais par bateau.

Vinaigre de baobab

Daoda Sidibé est le président de Kwenda.

Daoda Sidibé est le président de Kwenda. © Kwenda

Mais c’est finalement par ses produits que la petite structure (quatre associés en tout) fait la différence. L’entreprise qui propose, entre autres pépites, du vinaigre de baobab, est une curiosité sur le sol français, où les autochtones connaissent encore mal les parfums africains. « Mon mari avait une société d’import-export de matières premières, Cross Path, et de mon côté j’étais passionnée de cuisine. L’idée de ce business est arrivée assez naturellement », raconte Bineta Sy, qui, à seulement 28 ans, s’est lancée dans l’aventure en parallèle de son métier de responsable RH dans le secteur des transports.

Elle qui se levait à 8 heures du matin un samedi sur deux dès l’âge de 12 ans pour préparer le tiep a enrichi peu à peu son vocabulaire gastronomique. « J’improvisais par exemple des vinaigres de madd [fruit d’une liane que l’on trouve en Afrique de l’Ouest, NDLR] pour des salades ou déglacer des viandes… et tous mes invités, quelle que soit leur culture, en raffolaient. Je me suis dit qu’il y avait une curiosité pour nos produits et qu’il fallait s’appuyer dessus. »

Donner une note acidulée à un smoothie ou une infusion

Le couple veut raconter, dans l’assiette, sa double culture et la richesse des saveurs africaines. La famille de Bineta Sy est originaire de la région du Fouta. Celle de son mari, Daoda Sidibé, s’enracine dans celle de Kayes, au Mali. On retrouve donc par exemple la poudre de fleurs d’hibiscus du Sénégal (6,50 euros les 140 g), que l’on peut utiliser dans des cocktails, des pâtisseries, des desserts… Mais aussi la poudre de baobab du Mali (6,50 euros les 110 g), idéale pour donner une note acidulée à un smoothie ou une infusion. « Quand j’ai dit à mon père que j’avais trouvé quelque chose de parfait pour “sucrer” le fromage blanc, il a bien rigolé, s’amuse Bineta Sy. C’était déjà de la poudre de baobab qu’ils utilisaient dans son village pour sucrer les aliments ! »

Une clientèle « gourmande et CSP+ »

Mais les trésors qu’ils proposent à une clientèle « gourmande et CSP+ » viennent aussi d’autres horizons. De Madagascar notamment, formidable grenier dont ils extraient les meilleurs poivres (9,90 euros les 100 g) : noirs, avec des notes citronnées et mentholées, ou rouges, plus doux, à poser sur des toasts en fin de cuisson. De la Grande Île sont également issus des clous de girofle (5,99 euros le pot de 100 g), des gousses de vanille (14,90 euros les 6), à partir de laquelle ils tirent aussi une préparation à base de sucre de canne.

À côté de ces produits bruts, ou presque, Kwenda s’est attaqué, sous l’œil vigilant de Bineta Sy et avec l’aide de chefs français pointus (des Meilleurs Ouvriers de France dont le couple préfère taire le nom), à des produits transformés. Un maître-confiseur a par exemple assisté l’équipe pour créer des bonbons gélifiés, vegans, à l’hibiscus (5,99 euros les 175 g) aux saveurs parfaitement équilibrées.

Muffins hibiscus-chocolat blanc

Différents vinaigres (baobab, hibiscus, mangue et vanille bourbon) donnent un peu de tonus aux salades, ou une pointe de sucre et d’acidité à un déglaçage. D’autres préparations sont quasi prêtes à l’emploi, tels ces muffins hibiscus-chocolat blanc, qui se présentent comme une simple superposition d’ingrédients dans un bocal, à laquelle il faut ajouter des œufs, du beurre et du lait, avant de passer le tout au four.

Déjà célébrée sur les réseaux sociaux par des influenceuses de la sphères afro (le chef Anto, Hapsatou Sy…), la marque a conquis également une petite dizaine d’épiceries et magasins dans Paris et sa région (dont les restaurants BMK), tandis que son site marchand lui permet de diffuser ses produits dans toute l’Europe. « Notre rêve serait bien sûr de vendre jusqu’en Afrique. Nous sommes en pourparlers avec un concept store au Sénégal », confie Bineta Sy.

En France, Kwenda a déjà tordu le vilain cliché d’une gastronomie africaine bourrative et sans finesse.

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