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Cet article est issu du dossier «Décès d’Hamed Bakayoko : la Côte d’Ivoire face à la disparition d’« Hambak »»

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Politique

Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko, grand absent des législatives

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Mis à jour le 02 mars 2021 à 12h58
Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko.

Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko. © DR / Primature Côte d'Ivoire

En France depuis le 18 février pour raisons de santé, le Premier ministre ivoirien ne participe pas à la campagne pour les élections législatives. Mais c’est peut-être sur le plan national que son absence se fait le plus sentir.

Ce dimanche 29 février à Séguéla, lors du lancement de la campagne du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pour les élections législatives du 6 mars, Hamed Bakayoko est à la fois partout et nulle part. Son visage s’affiche sur de grands posters, sur la carrosserie de pick-up ou de minibus. Les militants ont revêtu des t-shirts siglés d’un enthousiaste « Un coup K.O, Hambak ». Mais si le frère de ce dernier, Zoumana, a fait le déplacement, le Premier ministre, candidat dans cette commune du nord-est de la Côte d’Ivoire, est le grand absent du jour.

Sa dernière apparition publique remonte au 10 février lors d’une rencontre du RHDP à Abobo. Souffrant, il s’est envolé le 18 février pour Paris afin d’y suivre des soins, une ville où il avait déjà effectué des examens poussés à deux reprises en janvier. Depuis, aucune communication officielle. Rien n’a filtré sur son état de santé et ce silence alimente les spéculations. D’autant qu’Hamed Bakayoko ne devrait pas regagner la Côte d’Ivoire avant le 6 mars.

À Séguala, « c’est la première fois qu’il n’est pas là »

Lundi 1er mars, le Premier ministre ivoirien a cependant publié un message sur les réseaux sociaux. « Pour les élections législatives, j’encourage tous les candidats à œuvrer pour une campagne et des élections apaisées », peut-on y lire. Mais quel impact aura son absence, notamment à Séguéla, où il brigue un troisième mandat de député ?

« L’absence d’Hamed Bakayoko se fait sentir lors des grands meetings, mais pas vraiment lors des actions de terrain où nos équipes sont bien rodées, assure Fofana Bouaké, le coordinateur régional du RHDP qui dit faire un point avec le Premier ministre tous les deux jours. Lors des précédentes campagnes, il était très sollicité sur le plan national et cela l’empêchait déjà d’être présent à Séguéla tous les jours. Mais c’est vrai que c’est la première fois qu’il n’est pas là pendant toute la campagne. »

Sur place, l’équipe de campagne est menée par le maire de la commune, Diomandé Lassina, et fait la part belle au colistier d’Hamed Bakayoko, Mamadou Diomandé. Ce dernier siège à l’Assemblée nationale. Le parti au pouvoir a toutefois décidé d’organiser certains événements en collaboration avec le président de l’Assemblée nationale, Amadou Soumahoro, qui se présente de son côté dans la sous-préfecture de Séguéla.

C’est peut-être sur le plan national que l’absence du chef du gouvernement est la plus palpable. « Hamed devait coordonner la campagne dans trois communes d’Abidjan, à Abobo, Anyama et Adjamé, explique-t-on au sein du RHDP. En tant que figure du parti, il devait également se rendre dans d’autres localités pour soutenir nos candidats, comme le font aussi Adama Bictogo [directeur exécutif du RHDP] et Patrick Achi [secrétaire général de la présidence]. »

Adama Bictogo omniprésent

Adama Bictogo, le secrétaire exécutif et chef d’orchestre du RHDP, lors d’un meeting à Abidjan, le 9 juillet 2020.

Adama Bictogo, le secrétaire exécutif et chef d’orchestre du RHDP, lors d’un meeting à Abidjan, le 9 juillet 2020. © Luc Gnago/REUTERS

Hamed  Bakayoko en France, Adama Bictogo est omniprésent. Après avoir lancé sa propre campagne à Agboville, il est allé soutenir les candidats du RHDP à San Pedro et Bouaké. Alassane Ouattara a décidé de ne pas modifier l’architecture gouvernementale avant la fin des élections, c’est Patrick Achi qui assure officieusement l’intérim du Premier ministre avec Fidel Sarassoro, le directeur de cabinet du chef de l’État. Le secrétaire général de la présidence a ainsi réceptionné, le 26 février, les premiers lots de vaccin contre le Covid-19. Mais il est aussi candidat à Adzopé (Sud) et Sarassoro se présente, lui, à Sinématiali (Nord).

Que se passera-t-il après le scrutin ? « Dans l’esprit du président, Hamed Bakayoko devrait conserver son poste, affirme une source proche du pouvoir. Mais la question de savoir s’il est en état d’assumer ses fonctions va se poser très rapidement. » Dans le cas contraire, l’hypothèse Jean-Claude Brou revient avec insistance. Discret technocrate, ce dernier occupe depuis fin 2017 le poste de président de la commission de la Cedeao (des fonctions qu’il quittera au mois d’avril).

Rien n’est toutefois décidé, d’autant que, si certaines sources font part de leur inquiétude, un de ses proches, contacté par Jeune Afrique, assure que « Hambak » va mieux et que ses derniers examens sont rassurants. En France depuis le 26 février – il a d’abord passé le week-end dans sa résidence de Mougins (sud de la France), avant de rejoindre Paris le 1er mars – Alassane Ouattara regagnera la Côte d’Ivoire à la fin de la semaine, après avoir s’être entretenu le 3 février avec son homologue français, Emmanuel Macron. Selon nos sources, le chef de l’État ivoirien doit avant cela rendre visite à son Premier ministre.

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