Diplomatie

[Série] Maroc-Algérie : demain, la guerre ?

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Mis à jour le 28 février 2021 à 16h27
Illustration : Adria Fruitos pour JA

© Illustration : Adria Fruitos pour JA

L’hostilité entre les deux pays a pris une nouvelle dimension ces derniers mois, en particulier sur la question du Sahara. Peut-elle dégénérer en conflit ouvert ? JA fait le point sur les forces en présence.

Les relations entre les deux « pays frères » n’ont jamais été un long fleuve tranquille. Mais depuis quelques mois, la froideur a laissé place à une franche hostilité. Principale cause : la sempiternelle question du Sahara occidental.

C’est que, dans ce dossier bloqué depuis le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario en 1991, Rabat a marqué des points, les États-Unis en particulier ayant reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire fin 2020.

Activisme marocain, crispation algérienne

Depuis un peu plus d’un an, l’active diplomatie continentale du royaume a aussi donné lieu à plusieurs ouvertures de consulats de pays africains au Sahara, qui valent comme autant de soutiens de fait au Maroc.

Dans un deal qui ne dit pas son nom, le royaume a également renoué des relations avec Israël, tabou s’il en est pour l’Algérie, par ailleurs principal soutien du Front Polisario. Il n’en fallait pas plus pour que les relais médiatiques des deux États se lancent dans de violentes campagnes de dénigrement du voisin, souvent à la limite de l’insulte.

À Alger, ces évolutions ont provoqué une évidente crispation, alors que la jadis très influente diplomatie algérienne se remet doucement de vingt ans d’immobilisme sous l’ère Bouteflika. Au sein même de l’Union africaine, le quasi-monopole algérien sur la Commission paix et sécurité, qui permettait à l’Algérie d’agiter la question sahraouie à chaque réunion de l’organisation panafricaine, est désormais de l’histoire ancienne.

Alors, c’est maintenant sur le terrain militaire que se déploie cet antagonisme de presque cinquante ans. Depuis l’évacuation mi-novembre par les forces marocaines du point de passage de Guerguerat, bloqué plusieurs semaines durant par des indépendantistes sahraouis, c’est à nouveau, si l’on en croit ces derniers, la guerre entre Rabat et le Polisario. Pas une semaine ne passe sans que le Front, systématiquement relayé par Algérie Presse Service (APS), n’annonce une attaque contre le mur de défense marocain, sans qu’il soit possible de distinguer la part de réalité et d’intoxication.

Antagonisme

À l’évidence, ni l’Algérie ni le Maroc ne veulent d’un conflit ouvert aux conséquences immanquablement catastrophiques pour les deux pays. Mais l’histoire démontre que les États n’ont pas toujours une maîtrise absolue de leur propre niveau d’agressivité : une escalade d’abord contrôlée a bien vite fait de dégénérer.

D’autant qu’Alger tout d’abord, suivi par Rabat, s’est lancée dans une course à l’armement – russe pour l’Algérie, occidental pour le Maroc – depuis une quinzaine d’années, qui n’a pas la vertu d’instaurer une atmosphère plus fraternelle entre les deux pays. Et que les carrières des responsables sécuritaires algériens et marocains, nommés récemment pour certains, sont marquées par la question sahraouie et donc par l’antagonisme avec le voisin.

Jeune Afrique fait le point sur les forces en présence et le risque de confrontation entre les deux géants maghrébins.

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