Politique

RDC : comment Tshisekedi gère la crise après l’assassinat de l’ambassadeur italien 

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 25 février 2021 à 09:12

Le président congolais Félix Tshisekedi, le 15 novembre 2019 à Berlin. © Michele Tantussi/Getty

Quarante-huit heures après le triple assassinat près de Goma, qui a notamment coûté la vie à Luca Attanasio, François Beya, le conseiller sécurité de Félix Tshisekedi, a très discrètement déjeuné ce 24 février avec les ambassadeurs accrédités en RDC.

Selon nos informations, cette réunion, qui s’est tenue à l’initiative de Félix Tshisekedi, visait à rétablir le dialogue entre le corps diplomatique et le gouvernement congolais, après que l’ambassadeur italien Luca Attanasio, son chauffeur Mustapha Milambo et son garde du corps Vittorio Lacovacci ont été assassinés dans une attaque d’un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM), le 22 février à Kibumba, dans le Nyiragongo (Nord-Kivu).

François Beya, le conseiller spécial en matière de sécurité du chef de l’État, a souhaité dissiper toutes les zones d’ombre qui entourent ce drame.

Propos polémiques

À commencer par ses propos polémiques tenus le 13 février à Kigali, lors d’une réunion entre responsables sécuritaires congolais et rwandais. « Nous sommes venus ici pour défier le monde entier, en particulier l’Occident, qui ne veut pas que nous parlions et travaillons ensemble. Nous sommes ici pour dire que nous sommes unis et qu’il n’y a pas de conflits entre nous », avait-il déclaré.

Signe des tensions que suscite cette sortie dans l’entourage de Tshisekedi – quand bien même Beya s’était exprimé avant l’attaque –, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’a dénoncée sur Twitter au lendemain de l’attaque du convoi. La théorie d’un complot entre la RDC et le Rwanda contre les Occidentaux était alors relayée par des militants du parti présidentiel.

François Beya a expliqué aux ambassadeurs que ses propos n’avaient évidemment aucun lien avec le triple assassinat et qu’ils ont été prononcés dans un tout autre contexte. Il leur a dit par ailleurs n’avoir été à Kigali que le missi dominici de Félix Tshisekedi.

Ce déjeuner est intervenu après de multiples réunions sécuritaires menées par le président lui-même. Il a d’ailleurs envoyé en Italie un émissaire afin de présenter ses condoléances aux autorités, et dépêché une équipe à Goma pour suivre de près les enquêtes en cours, dont fait partie le directeur adjoint de la presse présidentielle, Giscard Kusema.