Politique

Côte d’Ivoire : nouvelles investigations sur les violences électorales

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Mis à jour le 25 février 2021 à 11:20

Le procureur général ivoirien Adou Richard à Abidjan, le 6 novembre 2020. © Public Prosecutor Adou Richard speaks during a news conference in Abidjan, Ivory Coast November 6, 2020. © Luc Gnago/REUTERS

L’Unité spéciale dirigée par le procureur de la République, Richard Adou, a effectué des missions au mois de février, notamment à Daoukro, Bongouanou et M’Batto.

L’Unité spéciale d’enquête, créée par décret en novembre dernier pour faire la lumière sur les violences qui ont émaillé le scrutin présidentiel ivoirien du 31 octobre, poursuit ses investigations.

Daoukro, Bongouanou et M’Batto

Dirigée par le procureur de la République, Richard Adou, et composée de deux procureurs adjoints, d’un substitut du procureur et de 38 officiers de police judiciaire (policiers et gendarmes répartis de façon égale), elle a effectué de nouvelles missions dans le courant du mois de février, notamment à Daoukro, Bongouanou et M’Batto, villes qui ont été le théâtre d’affrontements entre partisans de l’opposition et pro-Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir).

L’Unité spéciale a notamment enquêté sur la décapitation de Nguessan Koffi Toussaint, 34 ans, tué le 9 novembre dans le quartier de Sozorigoubou, à Daoukro, fief du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Une vidéo diffusée à l’époque sur les réseaux sociaux avait provoqué une vive indignation. On y voyait plusieurs individus donnant des coups de pied dans la tête de la victime. Cinq d’entre eux ont été formellement identifiés par les enquêteurs et viennent d’être interpellés.

Au moins 87 personnes ont été tuées et 484 autres blessées

Selon le bilan officiel, au moins 87 personnes ont été tuées et 484 autres blessées dans les violences survenues en marge du processus électoral après que le président sortant, Alassane Ouattara, a annoncé son intention de briguer un troisième mandat et que l’opposition a appelé à la désobéissance civile et au boycott du scrutin. Près de 200 personnes ont été la cible de procédures judiciaires, dont la plupart sont toujours en cours.