Politique

Mali – Sy Kadiatou Sow : « Personne, au sein de la transition, ne peut tenir tête aux militaires »

Réservé aux abonnés | | Par - à Bamako
Sy Kadiatou Sow, du M5-RFP, en 2018 à Bamako.

Sy Kadiatou Sow, du M5-RFP, en 2018 à Bamako. © Nicolas Réméné pour JA

Figure de proue du Mouvement du 5 juin, Sy Kadiatou Sow n’a pas de mot assez durs pour critiquer les autorités de la transition, qu’elle accuse d’être soumise aux militaires qui ont mené le coup d’État contre IBK.

Le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), principale composante de la contestation qui a précédé la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), fait figure de grand perdant de la transition. Ses principaux membres exclus du gouvernement comme du Conseil national de transition (CNT), qui fait office d’organe législatif en attendant l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale, le M5 a engagé le bras de fer avec les nouvelles autorités de Bamako dès les premières semaines suivant la prise du pouvoir par la junte.

Une posture que le mouvement maintient encore aujourd’hui. Dimanche 21 février, deux jours après que le Premier ministre, Moctar Ouane, a dévoilé son plan d’action gouvernemental devant le CNT, le M5-RFP a ainsi dénoncé « une complicité objective et une convergence d’intérêts et d’objectifs entre l’ancien régime officiellement déchu et les autorités militaires de la transition ». Une déclaration de défiance qui, si elle vise le chef du gouvernement et son équipe, cible tout particulièrement les « hauts gradés des Forces de défense et de sécurité qui ont usurpé la victoire du peuple », selon les termes de ce communiqué au vitriol.

Figure de la scène politique malienne – elle a notamment été l’une des principales actrices du mouvement An tè a banna ! (« Touche pas à ma Constitution ! »), qui, en 2017, avait fait échouer le projet d’IBK de réviser la Constitution – Sy Kadiatou Sow a été l’une des porte-voix du M5-RFP dès le début du mouvement. Pour l’ancienne ministre des Affaires étrangères, la mainmise des militaires sur le CNT rend sa dissolution nécessaire.

Regrettant l’absence d’un cadre de dialogue avec les autorités, elle doute de la réelle marge de manœuvre dont bénéficient les civils au sein du gouvernement de transition, dont elle juge qu’il « privilégie le soutien de la communauté internationale et, donc, la politique de la France plus que celle du Mali ».

Jeune Afrique : Que pensez-vous du Plan d’action présenté par Moctar Ouane ? 

Sy Kadiatou Sow : Les annonces du Premier ministre constituent un catalogue de tout ce qui a déjà été évoqué lors des différentes assises, sans réelle vision.

Il ne suffit pas de dire ce qu’il faut faire, il faut savoir comment on le fait et avec qui. Même s’il y a eu un effort pour classer les propositions en axes prioritaires, les questions évoquées ne sont pas véritablement approfondies.

Rationalisation des dépenses publiques, lutte contre la corruption, assainissement du processus électoral… Plusieurs des annonces du Premier ministre ne vont-elles pourtant pas dans le sens des revendications du M5-RFP ?

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