Politique

Maroc : ces Juifs au service du royaume

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Mis à jour le 23 février 2021 à 17h52
Le roi Mohammed VI du Maroc (à droite) reçoit le conseiller spécial du président américain Jared Kushner (2e à partir de la gauche) et le chef de la sécurité nationale israélienne Meir Ben Shabbat (à gauche) au palais royal de Rabat, au Maroc, le 22 décembre 2020.

Le roi Mohammed VI du Maroc (à droite) reçoit le conseiller spécial du président américain Jared Kushner (2e à partir de la gauche) et le chef de la sécurité nationale israélienne Meir Ben Shabbat (à gauche) au palais royal de Rabat, au Maroc, le 22 décembre 2020. © Balkis Press/Abaca Press

Michael Zaoui, Steve Ohana, Rabbi David Pinto… La tradition des « Juifs de cour » telle que le royaume l’a connue pendant plusieurs siècles a aujourd’hui cédé la place à une internationalisation des intercesseurs.

« Allah ybarek f’ 3mor sidi. » Dans la bouche du conseiller spécial à la sécurité nationale israélienne, Meir Ben Shabbat, la formule consacrée a surpris. L’expression est rituellement prononcée par les notables marocains lors de la fête du Trône, et témoigne de leur loyauté renouvelée au roi. Une prestation d’allégeance, certes symbolique en l’espèce, à laquelle s’est prêté le conseiller du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, lorsqu’il a été reçu par Mohammed VI au palais royal de Rabat, à l’occasion des accords signés entre le Maroc et Israël le 23 décembre. Et qui a rappelé combien la communauté juive d’origine marocaine conserve des liens forts avec la monarchie chérifienne.

Des Mérinides jusqu’à Mohammed VI, les Juifs ont toujours joué un rôle important auprès des sultans marocains. Au point qu’une expression a été consacrée à cette tradition séculaire : « Juif de cour ». Le roi Mohammed V s’était ainsi choisi un ministre juif aux PTT : Léon Benzaquen, qui était aussi son médecin. La tradition s’est perpétuée durant le règne de Hassan II, avec la nomination de Serge Berdugo à la tête du ministère du Tourisme notamment, et le choix d’André Azoulay – ex-­banquier de BNP Paribas – comme un de ses principaux conseillers.

Si, aujourd’hui encore, André Azoulay compte parmi les conseillers du roi Mohammed VI, on ne trouve plus de ministres, de figures de la vie politique ou de grands commis de l’État issus de la communauté juive. « On compte tout au plus 3 000 Juifs marocains qui vivent au royaume. Cela restreint les profils et les possibilités de recrutement, d’autant que les jeunes qui ont grandi au Maroc partent étudier en Europe ou en Amérique du Nord et le plus souvent y poursuivent leur carrière et leur vie », explique Serge Berdugo, ambassadeur itinérant du roi et secrétaire général au Conseil des communautés juives du Maroc (CCJM).

Discrétion

Avec le nouveau règne, la tradition des « Juifs de cour » a changé de visage. « On assiste depuis quelques années à une internationalisation des intercesseurs, avec des personnalités aux parcours très différents et éparpillées aux quatre coins de la planète, sur lesquelles le Palais sait qu’il peut s’appuyer au besoin en toute discrétion, comme on l’a vu dans le processus de la reprise des relations avec Israël ou encore dans la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les États-Unis », explique un analyste politique.

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