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Jean-Pierre Brard

Député-maire de Montreuil-sous-Bois

Avec 6 000 ressortissants maliens, la commune de Montreuil, dans la banlieue de Paris, dont Jean-Pierre Brard est le maire, est la « première ville malienne de France ». Depuis son jumelage avec le cercle de Yélimané (dans l’ouest du Mali) en 1985, elle participe à des programmes de coopération. Le Paddy (Projet d’appui au développement durable du cercle de Yélimané, 11 millions d’euros) est le dernier en date. Son but : renforcer la sécurité alimentaire pour enrayer l’émigration.

Jeune Afrique : Vous venez de vous rendre à Yélimané. Quelles sont vos impressions ?
Jean-Pierre Brard : La région de Kayes n’est pas en déshérence. Certes, elle est très pauvre, les hommes jeunes ont presque tous émigré. Mais elle se désenclave progressivement : le tronçon entre Kayes et Kidira, avant-dernier maillon de la route Bamako-Dakar, vient d’être ouvert. La région bénéficie également de microprojets, financés par l’argent des immigrés.
Ceux-ci veulent-ils rentrer au Mali ?
Certains diplômés nés de parents maliens veulent mettre leurs compétences au service du Mali. Mais ils sont rares, et les retours sont risqués. L’aide versée par la France (3 000 à 4 000 euros) permet de monter un projet agricole, mais elle n’offre pas d’assurance en cas d’échec. Certains, qui sont rentrés au pays, en repartent de nouveau. Chaque année, les immigrés envoient des millions d’euros au Mali. Mais les commissions prélevées sur les transferts d’argent sont prohibitives, et les transferts informels risqués. Nous avons déposé une proposition de loi pour créer un livret d’épargne spécifique qui permettrait aux migrants d’investir l’argent déposé dans des projets de développement dans leur pays.
Que pensez-vous des lois Sarkozy ?
Les migrants qui arrivent tous les jours continueront de venir clandestinement. Les lois restreignant l’accès aux titres de séjour n’auront d’autre effet que d’augmenter le nombre de clandestins. Au Mali, elles ont déjà pour conséquence la dégradation de l’image de la France. J’ai pu le vérifier, car j’y étais en même temps que Nicolas Sarkozy.

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