Politique

Rwanda : Emmanuel Altit, l’avocat de Félicien Kabuga, le « financier du génocide », se retire du dossier

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Félicien Kabuga, qui est considéré comme le « financier du génocide rwandais », avait été arrêté le 16 mai 2020 près de Paris.

Félicien Kabuga, qui est considéré comme le « financier du génocide rwandais », avait été arrêté le 16 mai 2020 près de Paris. © Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux/Nations unies

Actuellement incarcéré à La Haye dans l’attente de son procès pour « génocide » et « crimes contre l’humanité », Félicien Kabuga remanie son équipe d’avocats.

Transféré le 26 octobre dernier devant la branche située à La Haye (Pays-Bas) du Mécanisme de l’ONU appelé à exercer les fonctions résiduelles du Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), Félicien Kabuga attend l’ouverture de son procès.

Ancien homme d’affaires très proche de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, Félicien Kabuga, financier présumé du génocide des Tutsi au Rwanda, est visé par sept chefs d’accusation dont ceux de « génocide », de « complicité de génocide », d’« incitation à commettre le génocide » et de « crimes contre l’humanité ».

Représenté depuis le début de la procédure devant le Mécanisme par le Français Emmanuel Altit – par ailleurs conseil de l’ex-chef de l’État ivoirien Laurent Gbagbo –, Félicien Kabuga devrait prochainement se constituer une nouvelle équipe d’avocats. Selon nos informations, Me Altit a en effet entamé une procédure de retrait.

Un familier du TPIR pressenti

L’avocat français a notifié le président de la chambre, le juge Iain Bonomy, de son intention de se retirer le 29 janvier. Pour que le départ d’Emmanuel Altit soit officialisé, il faut désormais que le magistrat britannique prenne acte de ce retrait. Mais au préalable, il doit considérer que celui-ci n’aura pas d’impact sur la suite de la procédure.

La quête d’un successeur a déjà commencé. Toujours selon nos informations, l’un des noms évoqués pour prendre la suite d’Emmanuel Altit est celui de l’avocat américain Peter Robinson. Ce dernier est un familier de la justice internationale et des dossiers liés au génocide des Tutsi au Rwanda. Me Robinson a en effet défendu Joseph Nzirorera, l’ancien secrétaire général du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti du président Habyarimana. Jugé devant le TPIR, dont le Mécanisme a pris le relais, Nzirorera est décédé en 2010, à l’âge de 59 ans.

Nom confidentiel

Me Robinson a également défendu plusieurs dossiers devant le Mécanisme. Parmi les plus emblématiques, figure celui d’Augustin Ngirabatware, ministre du Plan dans le gouvernement intérimaire mis en place en avril 1994, pendant le génocide des Tutsi. Ce dernier, dont la condamnation pour génocide et incitation à commettre le génocide a été confirmée en septembre 2019, n’est autre que le gendre de Félicien Kabuga. Contacté par Jeune Afrique, Peter Robinson a répondu que le nom proposé pour succéder à Altit était « confidentiel ».

Le successeur d’Emmanuel Altit doit encore être validé par le Mécanisme.

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