BTP & Infrastructures

Algérie : attention (grands) travaux !

Mis en service fin 2011, le métro d'Alger transporte 1 000 000 de voyageurs par mois. © Ardastos/Wiki Commons

Priorité de la politique de grands travaux en Algérie : les voies de communication et l'accès à l'eau. Une gageure, dans un pays à 80 % saharien.

Avec une enveloppe de près de 6 400 milliards de dinars (60 milliards d’euros) consacrée aux programmes d’infrastructures publiques engagés depuis 2000, le pays s’est considérablement équipé, avec deux priorités : développer les voies et moyens de communication, ainsi que la production et la distribution d’eau potable.

Près de la moitié des budgets (soit 3 132 milliards de dinars) ont été – et sont encore – absorbés par les aménagements routiers. Entre 2000 et 2014, l’Algérie a en effet construit quelque 13 200 km de routes et dispose actuellement de près de 117 500 km d’asphalte, dont plus de 30 800 km de nationales, 85 000 km de routes départementales et communales et 1 000 km d’autoroutes et voies express, auxquels vont bientôt s’ajouter quelque 830 km de liaisons autoroutières et pénétrantes. Ces connexions à l’autoroute Est-Ouest vont desservir les agglomérations de Sétif et Tizi Ouzou, ainsi que Jijel et Bejaïa. Pour la liaison avec le Grand Sud, un autre axe stratégique est en projet, celui de la pénétrante vers Berrouaghia, porte d’entrée du Sahara central et passage obligé pour les voyageurs vers les grandes oasis (Ouargla, Adrar et la ville nouvelle de Hassi Messaoud).

Entre 2000 et 2014, l’Algérie a construit quelque 13 200 km de routes.

Grandes lignes

Le Schéma national d’aménagement du territoire (Snat) 2025, élaboré en 2006, met l’accent sur le transport ferroviaire comme principal vecteur de croissance et de modernité. Entre 2000 et 2013, plus de 2 100 milliards de dinars ont été investis dans le développement du réseau ferré, qui a plus que doublé en quinze ans, passant de 1 770 km à 3 800 km.

L’objectif est d’atteindre 4 286 km de voies avant la fin de 2014 et 10 000 km d’ici à 2018. Ce qui fera du réseau ferroviaire algérien le deuxième du continent après celui de l’Afrique du Sud.

Parmi les chantiers récemment achevés, les plus marquants sont la modernisation et la réouverture de la mythique ligne Oran-Béchar (700 km), l’électrification de la totalité du réseau de la banlieue algéroise (sur plus de 170 km), ainsi que la mise en service de nouvelles lignes interurbaines entièrement électrifiées comme M’sila-Aïn Touta, Bordj Bou Arreridj-M’sila ou Aïn M’lila-Tébessa. Sont en cours la modernisation de la ligne Thénia – Tizi-Ouzou (65 km), qui devrait être achevée dès novembre 2014 – en avance de six mois sur le calendrier initial ! -, ainsi que le chantier de la nouvelle ligne est-ouest qui reliera Tébessa et Saïda sur 1 000 km, qui avance en même temps que celui de l’autoroute des Hauts Plateaux, lancé en avril 2013. Enfin, plus de 60 gares routières ont été construites, dont une dizaine multimodales (connectant les différents modes de transport).

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Quant aux infrastructures maritimes, 12 ports commerciaux ont fait l’objet de dragage et de confortement, plus de 20 ports de pêche et une dizaine de marinas sont en cours de réalisation. Et, dans le domaine aérien, sur les 25 projets de réalisation et de modernisation d’infrastructures aéroportuaires, 10 ont été livrés (8 nouvelles aérogares et 2 unités de maintenance à Alger et à Oran).

Dessalement

Sur le front de l’eau, les investissements ont également été importants. L’enveloppe financière consacrée aux infrastructures et aux ressources hydrauliques entre 2000 et 2014 s’élève à 2 000 milliards de dinars. L’Algérie dispose désormais de 60 barrages en exploitation (contre 13 en 2000) et a développé 25 grands réseaux de transport et de transfert d’eau, dont celui d’In Salah-Tamanrasset, sur 700 km. Une véritable performance en milieu désertique et hostile (et un chantier qui a coûté, à lui seul, environ 212 milliards de dinars). Plus de 34 stations d’épuration et 3 000 réseaux d’alimentation en eau potable et d’assainissement ont été réalisés, ainsi que des opérations d’aménagement pour mieux protéger les villes exposées aux inondations.

Enfin, l’Algérie est désormais l’un des pays les plus en pointe dans le domaine du dessalement d’eau de mer. Le plan de construction de 13 stations, qui produiront à terme 2,26 millions de m3 par jour, est déjà très avancé : 10 ont déjà été mises en service, pour une capacité de production globale de 1,9 million de m3 par jour d’eau potable. Une fois ce programme achevé, le dessalement d’eau de mer fournira aux populations des villes et villages du nord du pays plus de 2,3 millions de m3 d’eau potable par jour. Par ailleurs, 60 milliards de dinars supplémentaires ont été mobilisés sur le marché financier pour permettre la réalisation de 8 nouvelles stations de dessalement.

Sous terre, sur terre et dans les airs

Depuis trois ans, la modernisation des transports en commun d’Alger et d’Oran a enfin permis aux deux premières villes du pays d’entrer dans l’ère de la mobilité urbaine. Si longtemps attendue, la première ligne du métro d’Alger (deuxième métro souterrain sur le continent après celui du Caire) a été mise en service en novembre 2011, sur 9,5 km, et transporte désormais plus de 40 000 voyageurs par jour. Trois extensions en cours de réalisation, qui devraient étendre le réseau à 17 km d’ici à 2016, pour relier le centre-ville (Grande Poste et place des Martyrs) aux quartiers est de Bab Ezzouar et El-Harrach.

Mais c’est surtout sur le tram que les pouvoirs publics misent désormais. Créée en partenariat avec la Régie autonome des transports parisiens (RATP), l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa) et l’Entreprise du métro d’Alger (EMA), la Société d’exploitation des tramways (Setram) assure la gestion des 2 réseaux opérationnels et des 12 autres prévus.

Les premières lignes ont été mises en service en mai 2011 à Alger (son 3e tronçon, Alger-Est, ouvrira en juillet 2014) et en mai 2013 à Oran. Celui de Constantine est en chantier. Ceux de Sétif, Ouargla, Annaba, Béjaïa, Mostaganem et Batna devraient commencer prochainement. 

Enfin, les téléphériques deviennent une alternative de plus en plus sérieuse. À Alger, gérés par l’Etusa, 4 relient déjà la partie basse de la ville à Notre-Dame-d’Afrique, au Mémorial, au Palais de la culture et à El-Madania. Un cinquième, équipé de 58 cabines, doit être mis en service d’ici au mois de mai entre Oued Koriche et Bouzareah (3 stations sur près de 3 km). À l’intérieur du pays, outre le téléphérique entre Blida et la station hivernale de Chréa, déjà en exploitation, on attend l’achèvement de celui de Lalla Setti, haut lieu touristique de Tlemcen, ainsi que celui de Skikda.

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