Diplomatie

Djibouti : les dessous de la visite d’Ismaïl Omar Guelleh à Paris

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Ismaïl Omar Guelleh et Emmanuel Macron, le 12 février à l’Elysée.

Ismaïl Omar Guelleh et Emmanuel Macron, le 12 février à l'Elysée. © LUDOVIC MARIN/AFP

Le président djiboutien a eu droit à un véritable traitement VIP lors de sa visite officielle à Paris, les 11 et 12 février.

Après une cérémonie d’accueil à l’Hôtel des Invalides, Ismaïl Omar Guelleh (IOG) a été reçu pendant deux heures – dont un déjeuner en tête à tête – par Emmanuel Macron à l’Élysée, en compagnie de son ministre des Affaires étrangères Mahamoud Ali Youssouf, du président de l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti Aboubaker Omar Hadi et de l’ambassadeur en France Ayeid Mousseid Yahya.

Côté français, étaient notamment présents le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne ainsi que le chef d’État-major particulier du président Macron, l’amiral Bernard Rogel. IOG a également été reçu pour un déjeuner au Sénat, dans le bureau de Gérard Larcher (absent de Paris), offert par son ami Roger Karoutchi, premier vice-président de l’institution du Palais du Luxembourg.

Regain d’intérêt français

Dans son appartement de l’avenue Henri-Martin (16e arrondissement), où il loge chaque fois qu’il vient à Paris, IOG a reçu la visite des ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) et Florence Parly (Défense), ainsi que celle de Renaud Musellier le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec qui a été conclu un accord de coopération décentralisée. Enfin, IOG s’est entretenu avec la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Louise Mushikiwabo, avant d’être reçu au siège du Medef (patronat français) par son président Geoffroy Roux de Bézieux, qui lui a rappelé son passé djiboutien d’ancien commando de marine à Arta.

En marge de cette visite, outre l’élaboration d’une « feuille de route de la coopération », plusieurs contrats ont été conclus avec des entreprises françaises, marquant ainsi le net regain d’intérêt de Paris pour son ancienne colonie, notamment Engie (centrale photovoltaïque) et Accor (investissements hôteliers, conjointement avec le groupe djiboutien Kamaj). Surtout, à la demande expresse d’Emmanuel Macron, une subvention FASEP (Fonds d’études et d’aide au secteur privé) de 800 000 euros a été débloquée afin d’accélérer les études de configuration du nouvel aéroport international de Bicidley, à 20 kilomètres de Djibouti ville. Un projet sur lequel Bouygues, Eiffage, Aéroport de Paris et les Marocains de la Somagec se sont déjà positionnés.

Enjeux militaires

La présence de l’importante base militaire française à Djibouti (1 500 hommes) a bien sûr été abordée lors de la conversation entre les deux chefs d’État. D’autant que le traité d’établissement revu en 2011 arrive à expiration en 2023. Selon nos sources, s’il n’a pas été question d’une augmentation du loyer annuel payé par la France (40 millions de dollars), un accord d’utilisation conjointe de l’îlot du Héron au Nord de la capitale, où les Français ont installé une base navale et que Djibouti souhaite récupérer, a été conclu.

En attendant le lifting du traité, une « Déclaration d’intention relative au partenariat de défense mutuel » a été mise au point, portant entre autres sur la formation de la marine djiboutienne. L’élection présidentielle du 9 avril, à laquelle IOG est candidat pour un cinquième mandat, a-t-elle été abordée lors du tête-à-tête de l’Élysée ? « À peine », souffle un initié « et sur un mode purement informatif ». Avant d’ajouter : « Le fait qu’Emmanuel Macron, qui s’est déjà rendu à Djibouti en mars 2019, ait reçu IOG avec autant d’égards à deux mois du scrutin n’est évidemment pas neutre. »

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