Politique économique

Ngozi Okonjo-Iweala : focus sur ses trois priorités pour l’OMC

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Mis à jour le 16 février 2021 à 20h02
Ngozi Okonjo-Iweala (Nigeria)

Ngozi Okonjo-Iweala (Nigeria) © Bruno Levy pour JA

Première Africaine à la tête de l’institution, la Nigériane devra déployer ses talents de négociatrice pour relancer une organisation bien à la peine. Voici ses chantiers prioritaires.

Désignée le 15 février directrice générale par les 164 États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est la première femme et la première Africaine portée à la tête de cette organisation multilatérale.

Paralysée par le départ anticipé, en mai 2020, de son précédent directeur le Brésilien Robert Azevêdo, et par le protectionnisme exacerbé de l’administration Trump, l’OMC doit être relancée, car elle a pour fonctions d’élaborer et de faire respecter les règles des échanges internationaux, afin d’éviter des affrontements douaniers et commerciaux entre ses membres.

Talents de négociatrice internationale

La nouvelle directrice générale trouvera sur son bureau de Genève trois dossiers brûlants qui mettront à l’épreuve ses talents de négociatrice internationale.

Le premier, qui conditionnera la rapidité de la reprise économique mondiale post-covid, est celui de la propriété intellectuelle sur les vaccins.

Pour amplifier les résultats de l’Initiative Covax qui entend vacciner, gratuitement et d’ici à la fin de l’année 2021, 20% de la population de 92 pays à revenu faible ou intermédiaire, plusieurs pays comme l’Afrique du Sud et l’Inde demandent un assouplissement des règles qui protègent les brevets de vaccins anti-coronavirus déposés par les laboratoires des pays riches.

Ceux-ci estiment que les règles de l’OMC dans ce domaine n’ont pas à être modifiées.

Les pays industrialisés critiquent le double jeu capitalo-communiste de Pékin

Le deuxième dossier est celui des subventions à la pêche. Depuis des années, les négociations qui les concernent patinent. Si le « Dr. Ngozi » parvenait à le débloquer en priorité comme elle a dit en avoir l’intention, un accord symboliserait une véritable renaissance de l’organisation.

Le troisième chantier est autrement complexe puisqu’il s’agit de renouer avec le multilatéralisme mis à mal par l’ex-président américain, Donald Trump. Cette tâche de longue haleine suppose d’abord de parvenir à un armistice dans la guerre commerciale qui oppose la Chine et les États-Unis.

Mais la place de la Chine dans l’OMC devra être réexaminée.

Les pays industrialisés critiquent le double jeu « capitalo-communiste » du gouvernement chinois qui prétend appliquer les règles du libre-échange et du marché, tout en y faussant la concurrence par les avantages et les subventions qu’il accorde à ses entreprises publiques.

Un nouvel allié nommé Joe Biden

Ngozi Okonjo-Iweala ne devrait pas avoir de mal à persuader le président américain Joe Biden, fervent du multilatéralisme, de reprendre la nomination d’arbitres au sein de l’Organe de règlement des différends (ORD).

Cette structure, essentielle pour le fonctionnement de l’institution multilatérale, pourrait alors sortir de sa torpeur et retrouver les moyens d’assurer sa mission essentielle : trancher pacifiquement les conflits commerciaux entre ses États membres.

Parmi les sujets majeurs à examiner : les subventions reprochées à Airbus par les Américains et à Boeing par les Européens. Ces différends ne mettent pas aux prises que des mastodontes. Washington reproche par exemple au Vietnam le non-respect des règles sanitaires dans les élevages de crevettes…

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