Économie

Gestion des déchets : Hysacam tout puissant au Cameroun (3/3)

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Mise en place d’un réseau captage de biogaz.

Mise en place d'un réseau captage de biogaz. © Hysacam

Outres les villes de Douala et de Yaoundé, le groupe camerounais est présent dans 15 autres villes du pays, mais aussi au Liberia et au Bénin. Il est l’un des trois pionniers africains de l’environnement sélectionnés par Jeune Afrique.

Le traitement des déchets solides a beau être un marché ouvert à la concurrence au Cameroun, à chaque nouvel appel d’offres, c’est Hysacam qui l’emporte.

Le groupe fondé en 1969 par le français Granjouan puis repris en 1995 par une poignée de ses cadres règne sans partage sur ce secteur d’activité depuis cinq décennies. Ses derniers succès remontent à 2018, lorsque l’entreprise a de nouveau raflé les marchés de Yaoundé et de Douala puis, quelques mois plus tard, celui de Ngaoundéré, la grande ville du nord du pays.

À Yaoundé, Hysacam a proposé une offre financière de 40,8 milliards de F CFA (plus de 62 millions d’euros). Ce premier marché ouvert à la concurrence dans la capitale camerounaise avait pourtant suscité l’intérêt de nombreux groupes étrangers.

Plus d’une décennie à Douala

« Outre l’avantage du terrain, nous bénéficions d’un ticket d’entrée moins élevé en matière d’investissements du fait de notre implantation locale », justifie Christian Djeutcheu, inspecteur des services à Hysacam.

Quant à sa première victoire à Douala, elle remonte à une décennie, lorsque l’entreprise a remporté le premier appel d’offres ouvert à la concurrence face au groupe français Nicollin. En 2018, Hysacam a conservé ce marché pour un montant de 68,5 milliards de F CFA.
Ces succès résultent en grande partie des investissements consentis ces dernières années.

Grâce à un prêt de 37 millions d’euros souscrit en 2017 auprès d’un pool bancaire local, Hysacam a acquis 211 camions – sa flotte comprend plus de 600 unités – et 17 engins lourds. Son parc sera encore renforcé dans les prochaines semaines avec l’achat de 100 nouveaux camions, à la suite d’un prêt de 65 millions d’euros.

Des marchés au Liberia et au Bénin

Cette nouvelle montée en puissance lui permettra de remplir ses obligations dans 17 villes camerounaises. À l’issue de cette dernière opération, le groupe sera en mesure de traiter quotidiennement plus de 5 000 tonnes de déchets, pour un chiffre d’affaires de 28 milliards de F CFA.

Cette domination sans partage de l’entreprise dirigée par Michel Ngapanoun n’exclut pas les difficultés. La crise affectant les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pèse sur son activité, à tel point que l’entreprise affichait une perte de plus de 1 milliard de F CFA pour l’année 2019, notamment à la suite de la fermeture pendant plusieurs semaines de son centre de traitement des déchets de Bamenda.


En vidéo : Hysacam : rien n’arrête le camerounais Michel Ngapanoun


Le succès du groupe camerounais ne s’arrête pas aux frontières nationales. Sa filiale libérienne Hysaa continue ainsi d’assurer la propreté de Monrovia. De son côté, Hysaa Bénin a remporté en 2019 quatre lots à Cotonou, pour un chiffre d’affaires de 500 millions de F CFA. Unique bémol, son échec la même année, à Conakry, face au groupe turc Albayrak. « L’action diplomatique d’Ankara a fait la différence », explique Christian Djeutcheu.

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