Agroalimentaire

OCP aux États-Unis : le bras de fer avec Mosaic se complique

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Mines de Boucraa, dans le Sahara.

Mines de Boucraa, dans le Sahara. © HOC/OCP

L’administration Biden confirme vouloir taxer les importations marocaines d’engrais, mais le géant panafricain mise encore sur un atout.

Ce n’est pas encore la fin de l’affaire mais on s’en rapproche. Le département du Commerce américain (USDC) a rendu, le 9 février, sa décision finale dans un dossier crucial pour le groupe marocain OCP, géant mondial des phosphates.

Le groupe Mosaic accuse OCP de vendre des produits « subventionnés »

Double procédure

L’USDC s’est prononcé pour l’imposition d’une taxation sur les importations marocaines d’engrais aux États-Unis, statuant ainsi en faveur du concurrent américain d’OCP, le groupe Mosaic. Ce dernier, qui accuse OCP de vendre des produits « subventionnés », a déclenché en juin 2020 une double procédure, auprès du département du Commerce américain et de la Commission américaine du commerce international, pour concurrence déloyale.

La taxation requise contre OCP est de 19,97 %, légèrement inférieure au chiffre de 23,46 % annoncé à l’issue de l’enquête préliminaire.

La Commission doit rendre sa décision finale le 25 mars

C’est moins que celle exigée contre EuroChem (47,05 %) mais plus que la mesure demandée contre PhosAgro (9,19 %), deux groupes russes également visés par une plainte de Mosaic, qui réclamait une taxe de plus de 70 %.

Demeurer un partenaire « fiable » des agriculteurs américains

Prenant note de la décision mais continuant de rejeter les accusations portées contre lui, le groupe dirigé par Mostafa Terrab a rappelé que la taxation ne sera effective que si la Commission américaine du commerce international confirme l’existence d’un préjudice pour l’industrie américaine. L’instance, qui s’est prononcée pour une taxation à l’issue de l’enquête préliminaire, doit rendre sa décision finale le 25 mars.

« OCP continue de coopérer avec les agences américaines et est fermement décidé à demeurer un partenaire fiable pour les agriculteurs américains », a ajouté le géant marocain. Sans surprise, son concurrent Mosaic s’est félicité de la décision du département américain soulignant qu’en cas de confirmation de la taxation celle-ci s’appliquerait au moins pendant cinq ans.

De quoi rebattre durablement les cartes sur le stratégique marché américain des engrais. En 2019, selon l’agence de notation Fitch, le Maroc était le premier exportateur de MAP et DAP [principaux engrais phosphatés] aux États-Unis, comptant pour 60 % des importations, suivi par la Russie avec 25 %.

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