Mode

Okhtein, la griffe égyptienne qui a conquis Beyoncé et Cardi B

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Mis à jour le 26 mars 2021 à 12h50
Aya et Mouna Abdelraouf, créatrices de la marque Okhtein

Aya et Mouna Abdelraouf, créatrices de la marque Okhtein © Okhtein

Les sœurs Abdelarouf sont à la tête d’une griffe de maroquinerie très haut de gamme adoptée tant par les riches Égyptiennes que par les stars internationales.

Aya et Mounaz Abdelarouf, respectivement 28 et 30 ans sont deux sœurs qui ont de la suite dans les idées. Nées au Caire d’un père homme d’affaires et d’une mère au foyer, les deux égyptiennes sont, depuis 2012, les créatrices d’une griffe de maroquinerie de luxe, Okhtein (terme arabe qui, en français, signifie « sœurs »), et dont chacun des modèles appelle au rêve (sacs à main, pochettes, sacs à dos, etc.).

« L’idée était de sublimer les femmes du Moyen-Orient mais aussi de casser les stéréotypes vis-à-vis de la femme arabe soi-disant soumise ou qui ne peut pas travailler. On voulait que nos sacs leur apportent une voix et de la puissance quand elles l’arborent », affirme le duo. « D’ailleurs, il n’existait pas de marque de maroquinerie de luxe égyptienne jusqu’ici. C’est aussi cela qui nous a poussé à nous lancer dans l’aventure. » C’est à l’université américaine du Caire qu’elles ont toutes les deux suivi leurs études – en marketing pour Aya et en communication pour Mounaz – avant de se lancer dans l’industrie de la mode.

Cuir, cuivre et raphia

On aurait presque envie de parler de haute couture en découvrant les créations des sœurs Abdelarouf. Leur signature : le travail autour du cuir, du cuivre, du raphia et des feuilles d’or mais aussi un motif – en forme de fleur « qui rappelle celles que l’on trouve au Moyen-Orient » agrémentée d’un symbole pharaonique. « Nous avons retravaillé une fleur palmette que nous avons trouvé dans un livre islamique ancien. Depuis, c’est notre emblème. »

Ce motif revient sur leurs trois premières créations, devenues des classiques de la marque. Il s’agit du Mini Dome – de 370 à 1 000 euros –, de la Palmette Minaudiere et du Fellucca Swarovski (minaudière de forme ronde, incrustée de cristaux Swarovski et qui est le modèle le plus cher de la marque). Aujourd’hui, la griffe compte six collections.

Nous nous inspirons beaucoup du Vieux Caire et de ses artisans »

« Nous ne suivons aucune méthode quant au processus de création. On s’attache à notre instinct, à nos impressions vis-à-vis de telle ou telle saison. Nous avons un moodboard sur lequel l’une ou l’autre va inscrire une idée. Ainsi, nous nous complétons. Nos pièces sont intemporelles. Elles ont quelque chose d’à la fois frais et vintage. Elles ont un aspect classique qui est contrebalancé par leur caractère audacieux au niveau des couleurs et des formes. Ces dernières sont géométriques, originales. Disons que nous ne sommes pas dans du design organique », expliquent Aya et Mounaz.

Des jeunes et des stars

Si leur atelier de design, qui emploie 50 personnes (artisans, couturiers et patronnistes), est situé au Caire, la production des modèles est répartie entre l’Espagne, l’Italie et les Émirats arabes unis. En matière de confection, les sœurs affirment ne pas se limiter aux matières évoquées ci-dessus.

« Si l’on travaille aussi souvent avec le cuivre c’est que nous nous inspirons beaucoup du Vieux Caire – où l’on trouve une culture riche et complexe ainsi qu’une architecture empreinte d’énergies positives – et de ses artisans. Et, particulièrement, ceux qui travaillent le cuivre. Nous sommes fascinées par la façon dont ils moulent et mettent en forme cette matière. C’est aussi de cette façon que nous avons conçu notre palmette iconique. »

Beyoncé,  les Kardashian et la rappeuse Cardi B ont déjà adopté leurs sacs

C’est dans la capitale égyptienne qu’est situé leur principal point de vente, une grande boutique à la décoration luxueuse et recherchée. Leur clientèle est plutôt jeune, entre 20 et 35 ans, même si certains modèles, comme leur autre classique, le Swarovski Fellucca, attire des femmes plus âgées.

« Pour résumer, on peut dire que nos clientes sont âgées de 18 à 50 ans », affirment les deux créatrices qui ne souhaitent pas communiquer sur leur chiffre d’affaires annuel. Nombreuses sont les stars qui l’ont adopté. Parmi elles, Tracee Ellis Ross (fille de Diana), Beyoncé, les mannequins Gigi Hadid ou Winnie Harlow, les Kardashian, la rappeuse Cardi B ou des actrices comme Emma Watson et Brittany Snow.

Identité égyptienne

Les sacs Okhtein sont distribués au Royaume-Uni, aux Émirats Arabes Unis, en Asie mais aussi en Europe (principalement au Royaume-Uni dans des enseignes comme Selfridges ou Harrods). Et les sœurs d’ajouter : « Où qu’ils se trouvent, nos clients peuvent commander directement sur notre site. »  Il y a deux ans, Aya et Mounaz Abdelarouf décident d’ajouter à leur ligne de sacs, une collection de ceintures. « Ces dernières sont inspirées par nos sacs en bandoulière. Nous nous sommes rendu compte que nos clientes détachaient la bandoulière et la portaient comme… une ceinture. »

Et l’an dernier, ce sont des paires de lunettes ultra-stylisées qui sont venues s’ajouter à leur ligne. « Proposer des lunettes tenait plutôt une stratégie de communication. Nous voulions mettre l’accent sur l’énergie de notre marque. On voulait montrer que chacun de nos produits porte la signature Okhtein. Et cela, soit avec le logo, les motifs palmettes ou le jeu sur les éléments en cuivre. Tout ceci fait partie de notre identité égyptienne. »

Le top des griffes africaines

Les sœurs Abdelarouf ne sont pas seules à faire rayonner le luxe sur le continent africain grâce à la maroquinerie. On pense notamment à des griffes comme la sud-africaine Okapi, – fondée en 2008 par Hanneli Rupert et qui s’inspire de la nature et des mysticismes africains- ; les nigérianes Minku avec ses lignes de sacs et accessoires en cuir pour femmes et hommes et Zashadu – qui propose des pièces en peau d’animal, laiton et pierres semi-précieuses ; ou alors à la fameuse AAKS, marque éthique de la Ghanéenne Akosua Afriye Kumi qui propose des sacs à main en raphia.

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