Environnement

Green Congo : des guides verts hors des sentiers battus (3/3)

Réservé aux abonnés | | Par - Envoyé spécial
Franel Ibalank, créateur de Wild Safari Tours

Franel Ibalank, créateur de Wild Safari Tours © DR

Malgré ses parcs nationaux, son littoral, ses aires protégées, sa forêt tropicale, sa flore et sa faune sauvage exceptionnelle, le pays est encore néophyte en matière d’écotourisme. Mais ces dernières années, quelques trentenaires se sont lancés dans l’aventure… Portraits.

Kiki Lawanda – Photo-voyageur

Kiki Lawanda, créateur de Lawanda Tours
Kiki Lawanda Photography

La semaine, Christian Mpea, 33 ans, occupe sagement les fonctions d’ingénieur-environnement chez Total, à Pointe-Noire. Le reste du temps, il prend son 4×4, son appareil photo, et devient Kiki Lawanda (« Héritage » en langue mbeti). Et c’est bien de cela qu’il s’agit, puisque, depuis quatre ans, il sillonne le pays en combinant ses deux passions, la photographie et le voyage, pour en découvrir les trésors et tenter de les partager avec ceux qui voudront bien l’accompagner.

Après des études en droit et en sciences politiques en France, il a d’abord été lui-même touriste dans son pays, où il est rentré en 2013, avant de lancer sa société, Lawanda Tours, en 2020. Six mois et une trentaine d’excursions plus tard, sa nouvelle offre de circuits, dévoilée début février, était très attendue, tant par ceux qui le connaissent que par ceux à qui le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux ont donné envie de découvrir ce fascinant et inattendu Congo.

Au programme : randonnées dans les parcs nationaux, observation des baleines depuis la baie de Loango, croisières sur le fleuve Congo, chutes d’eau, cascades, rivières et grottes souterraines, au plus profond de la forêt tropicale ou à seulement quelques dizaines de kilomètres de Brazzaville…

Au cours de ses tours et séjours d’un à trois jours, le photographe amateur réalise son pari : « faire découvrir le Congo aux Congolais ». En attendant que la pandémie n’autorise les touristes étrangers à en faire de même…

Prince Koulandissa – Plus d’un tour dans son sac

Prince Koulandissa, fondateur de Akwaba Tours and Travel
DR

Au siège de Congo Terminal, à Pointe-Noire, tout le monde connaît Prince Koulandissa. Et ce sont ses collègues du service facturation qui en parle le mieux. « Il a réussi à me faire aimer le camping ! » sourit sa voisine de bureau. Et pas que. Depuis deux ans, au moins deux fois par mois, ce Brazzavillois d’origine organise de petites expéditions au cœur de la nature congolaise, autour de la quarantaine de sites « commercialisables » qu’il a répertorié à travers le pays.

« J’ai étudié au Ghana, où l’industrie touristique est bien plus développée qu’ici, malgré une offre de produits beaucoup moins riche qu’au Congo », constate Prince Koulandissa qui, à 35 ans, vient d’enregistrer Akwaba Tours and Travel, sa petite entreprise de tourisme qui ne connaît pas la crise, autour de ses produits phares, le long des fleuves Congo et Kouilou.

Mais Prince Koulandissa voit déjà plus loin. D’ici à la fin de 2021, il espère avoir aménagé son premier terrain de camping sur le littoral et réfléchit à la création de produits, autour d’événements et de séjours sur des thèmes spécifiques, et pourquoi pas « la première Beach Moon d’Afrique centrale » pour offrir aux romantiques les paysages merveilleux des clairs de lune sur la plage.

« Tout ce qui peut permettre de placer le Congo sur la carte des destinations touristiques », résume le patron d’Akwaba Tours, qui espère atteindre la barre des 800 clients d’ici à la fin de l’année.

Francel Ibalank – Premier de cordée

Quand il créé Wild Safari Tours (WST) en 2014, le secteur est encore balbutiant au Congo. Aussi, Francel Emerancy Ibalank s’expatrie pendant deux ans en Ouganda pour apprendre le métier et l’anglais au Tourism Institute of East Africa de Kampala. Quelques expériences au Kenya et en Tanzanie, puis le jeune Brazzavillois rentre au pays afin de défricher le marché et de lancer ses premiers produits.

Il propose aujourd’hui une dizaine de circuits pré-établis ou sur-mesure, dont certains débordent même les frontières du Congo pour aller découvrir les parcs nationaux du Cameroun et du Gabon ou parcourir les rues de Kinshasa, en RDC. Car au-delà de la destination Congo, Francel Ibalank veut contribuer au développement du secteur touristique dans toute l’Afrique centrale. Le trentenaire se donne cinq ans pour devenir « un tour-opérateur à l’échelle régionale ».

D’ici là, il compte sur l’impulsion donnée ces dernières années par le ministère congolais du Tourisme et sur l’arrivée de nouveaux confrères pour dynamiser le secteur dans le pays et dans la sous-région. « Les choses bougent enfin », constate presque avec soulagement Francel Ibalank, qui met à profit cette pause Covid-19 pour s’attaquer à la formation des futurs professionnels nécessaires au développement de la « destination Congo ».

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