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Infrastructures : des chantiers à la pelle

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Économie

Jesa, dessine-moi un projet

Mis à jour le 15 avril 2014 à 09:00

Fruit de l’union entre l’OCP et l’américain Jacobs, la coentreprise Jesa met ses connaissances techniques au service de l’exploitation du phosphate.

« C’est comme l’enfant unique de deux parents qui s’aiment et vivent ensemble. » Nicolas Simonin, directeur général de Jacobs Engineering SA (Jesa), décrit en ces termes la coentreprise née du rapprochement en août 2010 de la compagnie marocaine OCP, numéro un mondial des phosphates, et de l’américain Jacobs, l’un des leaders mondiaux de l’ingénierie (11,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013, soit 8,55 milliards d’euros).

La société, qui compte 1000 salariés, veut doubler son effectif d’ici à deux ans.

Trois ans après sa création, Jesa est plus que jamais liée à l’activité d’OCP. En effet, la nouvelle firme apporte à la société marocaine ses connaissances techniques et son savoir-faire, en gérant de A jusqu’à Z les infrastructures nécessaires (construction d’usines, de ports, de pipelines…) à l’exploitation du phosphate.

 

Plans

La coentreprise conçoit en amont les projets et les conduit à leur terme : elle dessine les plans, évalue les coûts de fabrication, construit les bâtiments… Preuve que les deux compagnies sont étroitement liées : près de 75 % du chiffre d’affaires de Jesa (169,7 millions de dollars) provient aujourd’hui de son activité avec OCP.

Le groupe marocain entend profiter de l’expérience de son partenaire américain en matière de projets industriels dans la chimie pour optimiser son plan d’investissements, évalué à plus de cinq milliards de dollars pour la période 2009-2015. Parmi les grands travaux pilotés par Jesa : la modernisation des mines de phosphate de Khouribga et de Benguerir, la construction des usines d’engrais de Jorf Lasfar ou la création d’un pipeline de 235 km utilisé pour le transport du phosphate entre les deux sites principaux d’OCP, les mines de Khouribga et les usines de Jorf Lasfar. En dehors du Maroc, Jesa travaille aussi pour d’autres groupes spécialisés dans l’extraction du phosphate en Afrique, à hauteur de 10 % de son chiffre d’affaires.

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Université

Ces dernières années, l’entreprise a cherché à se diversifier et participe à la conception des futurs hôpitaux universitaires de Tanger et d’Agadir. En matière d’éducation, elle apporte son concours à la construction de l’université Mohammed-VI Polytechnique, située dans les environs de Benguerir.

Jesa, qui compte déjà 1 000 salariés, espère doubler cet effectif d’ici à deux ans. En l’espace de trois ans et demi, 500 personnes ont été embauchées au Maroc : une cinquantaine de salariés d’OCP ont intégré la structure, près de 150 sont venus de la maison mère Jacobs, auxquels il faut ajouter les 200 salariés de Team Maroc, un cabinet d’ingénierie impliqué notamment dans des projets d’accès à l’eau et d’infrastructures routières, racheté en 2012 par Jacobs Engineering SA.

Une centaine de personnes travaillent aussi depuis un centre d’expertise technologique sur les phosphates basé en Floride. Pour pallier l’absence de compétences locales dans le secteur de l’ingénierie, Jesa a choisi de créer sa propre académie. Près de 400 personnes y ont déjà reçu une formation en leadership et en relations humaines.

Le centre pourrait à l’avenir ouvrir ses portes à des ingénieurs issus d’autres sociétés. « Notre objectif est de professionnaliser le métier de manageur de projet », insiste Nicolas Simonin. Avec, en point de mire, l’accroissement de son activité en Afrique subsaharienne dans le sillage des groupes marocains.