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Élection à la CAF : qui épaule le candidat et milliardaire sud-africain Patrice Motsepe ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
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Le 12 mars à Rabat, l’homme d’affaires briguera la présidence de la Confédération africaine de football. Voici les piliers de sa stratégie de campagne.

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La candidature de Patrice Motsepe, 59 ans, dixième fortune du continent selon le dernier classement du magazine américain Forbes, a d’autant plus été remarquée que le président sortant, Ahmad Ahmad, est affaibli par des ennuis disciplinaires. Le Malgache a en effet été suspendu le 19 novembre dernier par la Commission d’éthique de la FIFA, avant d’être remis dans la course par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Dans le même temps, le vice-président congolais Constant Omari est lui aussi, pour l’instant, inéligible en raison de procédures en cours. Reste que Motsepe affrontera l’Ivoirien Jacques Anouma – pour lequel Alassane Ouattara fait actuellement un intense lobbying auprès de ses pairs -, le Mauritanien Ahmed Yahya, mais aussi le Sénégalais Augustin Senghor.

En campagne, le président du FC Mamelodi Sundowns, le club de football le plus titré d’Afrique du Sud (Ligue des Champions de la CAF en 2016, Supercoupe d’Afrique en 2017…), peut compter sur le soutien de la plupart des fédérations nationales d’Afrique australe et de l’Est – à de rares exceptions près, comme le Malawi. Il s’appuie aussi sur le président de la fédération équato-guinéenne Gustavo Ndong, ainsi que sur Isha Johansen, la patronne du football sierra-léonais.

Du côté des joueurs, le milliardaire n’a pas de soutiens déclarés. Les footballeurs sud-africains, actifs ou non, n’ont pas fait de déclarations en ce sens. S’agissant des Africains, le Camerounais Samuel Eto’o et le Sénégalais El Hadji Diouf sont courtisés par le candidat, qui les a invités en décembre dernier au 50ème anniversaire du Mamelodi Sundows. À cette occasion, Motsepe avait également invité, tous frais payés, tous les présidents des fédérations africaines. Seule une dizaine ont accepté.

Fondateur d’un groupe minier, African Rainbow Minerals et beau-frère du président sud-africain Cyril Ramaphosa, Patrice Motsepe met au service de ses ambitions son solide carnet d’adresses. Vice-président du conseil d’administration de Sanlam, le premier groupe d’assurance du continent, il étend son influence jusqu’au Maroc où le groupe Sud-Africain a acquis la branche assurance du groupe Saham. Mais perçu comme le « candidat » de la FIFA, en raison de sa proximité avec Gianni Infantino, ces atouts suffiront-ils à assurer son élection ? GardeRapprochéeMotsepe-04

Le président de la Fédération nigériane de football ne ménage pas ses efforts pour défendre la candidature de Patrice Motsepe auprès de ses homologues d’Afrique de l’Ouest anglophone. Il dénonce aujourd’hui avec virulence la gestion d’Ahmad Ahmad, dont il fut proche, ce dernier l’ayant nommé le 5 juillet 2018 premier vice-président de l’instance.

Lâché par Ahmad et remplacé auprès de celui-ci par le Congolais Constant Omari, Amaju Pinnick s’est rangé dans le camp des adversaires de son ex-allié. Son activisme n’est pas dénué d’intérêt. Après avoir envisagé de se présenter à la tête de la CAF, il s’est rapproché d’Infantino et vise désormais une place au Conseil de la FIFA.

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Les présidents des fédérations africaines restés proches d’Ahmad Ahmad soupçonnent le président de la FIFA d’être l’inspirateur de la candidature de Motsepe. Avant le Sud-Africain, Gianni Infantino avait déjà sondé un autre riche homme d’affaires, le Congolais Moïse Katumbi, propriétaire du mythique Tout-puissant Mazembe de Lubumbashi.

Imposer le milliardaire de Johannesburg à la tête de CAF permet à l’Italo-Suisse de contrôler cette confédération pesant 54 pays, soit autant d’électeurs acquis à sa cause lors de la prochaine élection à la tête de l’instance mondiale. Infantino est par ailleurs proche du Mauritanien Ahmed Yahya. Même si le candidat regrette que le patron de la FIFA ne se soit pas positionné publiquement pour lui et voit ainsi d’un mauvais œil son soutien à Motsepe.

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C’est lui qui a annoncé la candidature de son compatriote. Président de la fédération sud-africaine de football depuis 2013, Danny Jordaan s’est positionné comme directeur de campagne officieux de Patrice Motsepe.

Ce natif de Port-Elizabeth est un bon connaisseur des campagnes d’influence. Il a en effet porté la candidature victorieuse de son pays à l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2010.

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L’Afrique du Sud ne lui a pas encore apporté son soutien officiel, mais au vu de ses liens avec le chef de l’Etat, cet appui ne fait guère de doute. La sœur aînée de Patrice Motsepe est en effet l’épouse de Cyril Ramaphosa. Cette proximité avec le pouvoir lui permet de bénéficier de tout le poids diplomatique et géopolitique de cette puissance continentale.

Enfin, une autre de ses soeurs, Bridgette Radebe, est la seule femme à la tête d’une industrie minière en Afrique du Sud. Elle a épousé Jeff Radebe, puissant cadre du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) et ministre de l’Énergie dans le premier gouvernement Ramaphosa.

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