Politique

Présidentielle au Niger : les dessous du ralliement de Seini Oumarou et Albadé Abouba à Mohamed Bazoum

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Mis à jour le 04 février 2021 à 14h34
Seini Oumarou, Mohamed Bazoum et Albadé Abouba.

Seini Oumarou, Mohamed Bazoum et Albadé Abouba. © Photomontage / Photos : SEYLLOU DIALLO/AFP; V. Fournier/JA; DR

Seini Oumarou et Albadé Abouba ont annoncé, le 3 février, leur ralliement à Mohamed Bazoum pour le second tour de la présidentielle, qui aura lieu le 21 février. « Jeune Afrique » dévoile les coulisses des tractations.

Leur décision ne faisait plus guère de doute ces derniers jours : Seini Oumarou et Albadé Abouba ont officialisé, mercredi 3 février, leur choix de se rallier au candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, lors du second tour de l’élection présidentielle, le 21 février prochain. Les deux hommes avaient respectivement recueilli 8,95 % et 7,07 % des suffrages au premier tour du 27 décembre, loin derrière le favori du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), arrivé en tête avec 39,33 % des voix.

Les soutiens de Mahamane Ousmane

Mahamane Ousmane, qualifié pour le second tour avec un score de 16,99 %, a reçu le soutien de Salou Djibo (2,98 %) et doit bénéficier des apports d’Ibrahim Yacouba (5,38 %), Omar Hamidou Tchiana (1,6 %), Djibrilla Baré Maïnassara (0,36 %) et Amadou Boubacar Cissé (0,35 %).

Il n’aura cependant pas su convaincre Seini Oumarou (du Mouvement national pour la société du développement – MNSD) et Albadé Abouba (du Mouvement patriotique pour la République – MPR), qui représentaient les deux principales réserves de voix.

Selon nos informations, l’ancien chef de l’État, allié dès le premier tour avec Hama Amadou (du Moden Fa Lumana), leur avait assuré pour les convaincre qu’il dissoudrait l’Assemblée nationale en cas d’élection et qu’il n’effectuerait qu’un seul mandat, laissant le fauteuil à un successeur dès 2026. Mais Mohamed Bazoum avait visiblement davantage de cordes à son arc.

Qu’a promis Mohamed Bazoum ?

Issouf SANOGO/AFP

Affiches de campagne de Mohamed Bazoum au siège du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), à Niamey, le 22 décembre 2020. © Issouf SANOGO/AFP

Selon nos sources, l’ancien ministre de l’Intérieur a ainsi proposé à Seini Oumarou la présidence de l’Assemblée nationale en cas de victoire le 21 février. Une prise de choix pour le MNSD : lors des législatives, l’ancien parti unique n’avait remporté que 7,83 % des suffrages et treize sièges, contre 48,19 % et 80 sièges pour le PNDS.

Albadé Abouba et le MPR ont quant à eux obtenu des places privilégiées dans l’hypothétique futur gouvernement, dont au moins un ministère d’État. « La répartition des postes est déjà connue », glisse un proche d’Albadé Abouba contacté par Jeune Afrique.

Mohamed Bazoum a en effet quasiment finalisé la composition de sa future équipe gouvernementale, au sujet de laquelle il consulte régulièrement le président, Mahamadou Issoufou.

Une place importante pour Hassoumi Massaoudou

Selon nos informations, il a prévu d’y accorder une place importante à Hassoumi Massaoudou. Si les deux hommes ont un temps été en délicatesse – l’ancien ministre des Finances ayant également eu l’ambition de se présenter à la présidentielle –, la situation s’est arrangée durant la campagne, sous l’impulsion de Mahamadou Issoufou.

Mohamed Bazoum a décidé de ne pas confier le poste de Premier ministre à un Touareg

Le choix du prochain Premier ministre n’était quant à lui pas arrêté il y a encore quelques jours. Selon nos sources, Mohamed Bazoum a toutefois d’ores et déjà décidé, s’il était élu, de ne pas confier de nouveau le poste à un Touareg, comme Mahamadou Issoufou l’avait fait avec l’actuel occupant de la primature, Brigi Rafini.

La fonction de chef de gouvernement pourrait ainsi revenir à un membre de l’une des deux ethnies majoritaires : les Haoussas et les Djermas, Mohamed Bazoum étant lui-même issu d’une minorité, en l’occurrence arabe.

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