Politique

RDC : de Mobutu à Tshisekedi en passant par Kabila… Ce qu’il faut savoir sur Christophe Mboso

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Mis à jour le 04 février 2021 à 10h41
Christophe Mboso Nkodia PWanga, le nouveau président de l’Assemblée nationale congolaise.

Christophe Mboso Nkodia PWanga, le nouveau président de l'Assemblée nationale congolaise. © DR / Assemblée Nationale RDC

Près de deux mois après la destitution de Jeanine Mabunda et de son bureau, l’Assemblée nationale congolaise a élu sa nouvelle équipe dirigeante. À sa tête, Christophe Mboso N’kodia Pwanga, doyen de la chambre basse et nouvel atout du président Félix Tshisekedi.

• « Biden »

Né en 1942, Christophe Mboso N’kodia Pwanga est sans doute l’un des principaux bénéficiaires du divorce entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur au sommet de l’État, Joseph Kabila. À 78 ans, le nouveau président de la chambre basse est le doyen des élus nationaux.

C’est à ce titre qu’il a pris les commandes de l’Assemblée nationale, le 9 décembre dernier, et c’est lui qui a présidé la séance portant sur l’examen des pétitions réclamant la destitution de Jeanine Mabunda et de son équipe. Son âge, le même que celui du nouveau président des États-Unis, lui vaut d’être surnommé « Biden » par ses collègues députés.

Pièce maîtresse

Après avoir été membre du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de Joseph Kabila, il a rejoint Félix Tshisekedi et, en tant que président du bureau d’âge, il a joué un rôle déterminant dans la débâcle institutionnelle de la coalition de l’ancien président.

Devenu l’une des pièces maîtresses du dispositif de Félix Tshisekedi qui cherchait à constituer autour de lui une nouvelle majorité sous l’étendard de l’Union sacrée, Mboso a dirigé les plénières du 10 décembre et du 27 janvier, qui ont conduit à la destitution de Jeanine Mabunda et à la démission du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

« Dans le roc »

Originaire de la province du Kwango, dans l’ouest de la RDC, son nom a une signification particulière, expliquent ses proches. Mboso est en effet « le bienfaiteur » et « N’kodia Pwanga » se traduit par « l’homme qui taille dans le roc » – un patronyme qu’il a hérité de son grand-père, qui a combattu les colons dans le Kwango.

Cursus

Diplômé en 1972 d’une licence en sciences politiques et administratives, obtenue à l’université de Lubumbashi, il a longtemps enseigné au sein du Centre interdisciplinaire pour le développement et l’éducation permanente (CIDEP), avant d’en prendre la direction. En 2000, il choisit de se perfectionner en suivant une formation en sciences politiques appliquées et institutions belges et européennes, ainsi qu’un cursus sur les droits humains.

Mobutu

Christophe Mboso N’kodia Pwanga a débuté sa carrière politique sous Mobutu Sese Seko. Membre du comité directeur du Mouvement populaire de la Révolution (MPR), le parti unique de l’ancien président du Zaïre, il a été élu député national du Kwango, dans l’ex-province du Bandundu, entre 1977 et 1990. Il a, à ce titre, été membre de plusieurs commissions parlementaires.

Il a également plusieurs fois été ministre jusqu’à la chute de Mobutu, en 1997. Il s’est notamment vu confier les portefeuilles des Mines, de l’Énergie, des Affaires foncières ou encore de l’Agriculture.

Franc-parler

En séance plénière ou dans les médias, Christophe Mboso N’kodia Pwanga a la langue acérée et n’hésite pas à recadrer ses adversaires. Après la destitution de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, il n’a pas hésité à le tancer, l’accusant d’avoir fait preuve d’un orgueil « inutile » en refusant de se présenter devant les députés pour répondre aux accusations portées à son encontre. Il a également promis de faire des révélations sur la gestion de Jeanine Mabunda, qui l’a précédé à la présidence de l’Assemblée nationale.

Confiance totale

Au cours de son mandat de président du bureau d’âge, Christophe Mboso N’kodia Pwanga a gagné la « confiance totale » de Félix Tshisekedi. À ce poste, il est parvenu à négocier la présidence du bureau définitif, alors que Félix Tshisekedi envisageait au départ de désigner Jean-Pierre Lihau, lui aussi transfuge du FCC. Le président compte désormais sur Mboso pour faire passer ses réformes.

 

Présidentielle

Après un court exil de trois mois entre la Tunisie, la Côte d’Ivoire et la Belgique, après la chute de Mobutu, Mboso fait son retour en politique en 1998 avec la création de la Convention pour la République et la démocratie (CRD). Sénateur au sein du Parlement de transition entre 2003 et 2006, il a tenté sa chance à la présidentielle de 2006, remportée par Joseph Kabila. « Il n’y a aucun handicap à avoir travaillé avec Mobutu, parce que le régime Kabila n’est pas meilleur que celui de Mobutu », avait-il déclaré à l’époque.

Clivant

Ses collaborateurs le présentent comme un homme « dévoué, intègre et compétent ». À l’inverse, ses anciens partenaires du FCC dénoncent son opportunisme et le présentent surtout comme un homme qui a su profiter de la situation politique pour mettre en avant ses propres intérêts.

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