Politique

Tunisie : au cœur des négociations entre partis centristes

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 03 février 2021 à 14h54
Fadhel Abdelkefi, directeur général de Tunisie Valeurs, à Tunis

Fadhel Abdelkefi, directeur général de Tunisie Valeurs, à Tunis © Nicolas FAUQUE

Les élections de 2019 l’ont confirmé. Depuis le lent délitement de Nidaa Tounes, du défunt président Béji Caïd Essebsi, les partis centristes tunisiens peinent à se rassembler. Mais les négociations reprennent.

À la faveur de la nomination de Fadhel Abdelkefi à la tête de la formation libérale Afek Tounes en décembre 2020, les discussions entre les partis centristes ont repris ces dernières semaines. Une série de réunions est prévue la semaine du 8 février, dans le but de parvenir à une union d’ici à six mois.

Face au vide laissé par leur éparpillement, des premiers pourparlers avaient été lancés en janvier 2020 entre Afek Tounes, Amal Tounes, de Salma Elloumi Rekik, Machrouu Tounes, dirigé par Mohsen Marzouk, Al Badil Ettounsi, emmené par Mehdi Jomaa, Beni Watani, créé par Saïd Aïdi et le Mouvement démocrate, piloté par Ahmed Nejib Chebbi. Seul Tahya Tounes, qui avait précipité la chute de Nidaa Tounes en obtenant le ralliement de ses députés à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), avait été exclu des négociations.

Dissolution ou front commun ?

Mais les tractations ont été interrompues en mars 2020 en raison de l’épidémie de Covid-19, mais aussi de l’instabilité politique chronique, et n’ont repris qu’au mois de juillet. Elles ont finalement abouti à la rédaction de brouillons jetant les bases d’une union des partis.

Une première alliance sous la houlette d’Amal Tounes, entre des anciens de Nidaa Tounes et Ahmed Nejib Chebbi, a ensuite été annoncée en septembre, mais elle n’a pas eu l’effet rassembleur escompté. Les questionnements et les points d’achoppement sont encore nombreux, notamment concernant le mode de gouvernance.

Faut-il dissoudre les partis existants au profit d’une nouvelle structure ou se contenter de former un front à gouvernance collective, mais dont la cogestion s’annonce périlleuse ? Comment désigner un directeur exécutif ? Certains proposent de mettre en première ligne de nouveaux visages parmi les jeunes et les femmes cadres membres des partis ou encore issus de la société civile. Les partis se questionnent également sur l’opportunité d’organiser des primaires pour se choisir des candidats.

Enfin, ces formations envisagent de proposer une vision commune et un programme économique et social. Mais aussi de s’atteler à la redéfinition du centre, alors que la polarisation entre les progressistes autoproclamés et la mouvance islamique, qui avait fait le sel de Nidaa, est désormais largement incarnée par Abir Moussi (Parti destourien libre).

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