Art de vivre

Côte d’Ivoire : la marque éthique Kanafrik ouvre sa première boutique à Abidjan

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Dans la boutique de cosmétiques Kanafrik à Abidjan.

Dans la boutique de cosmétiques Kanafrik à Abidjan. © Ben Saïd le Bonnet Noir

Créée par la Guinéenne Mariama Camara en juillet 2020, Kanafrik a pour slogan « zéro gâchis, on recycle tout ». Et son premier lieu de vente, basé à Abidjan, propose toutes sortes de produits naturels.

Avant de lancer sa marque Kanafrik, Mariama Camara a eu d’autres vies et peut, aujourd’hui, se targuer d’avoir plusieurs cordes à son arc. Celle qui est à la tête de There Is No Limit, sa propre ONG – et qui est par ailleurs la sœur cadette de Tigui Camara, le PDG de l’entreprise minière TGM, implantée en Guinée et en Côte d’Ivoire – est née à Conakry, en Guinée, avant de partir vivre au Sénégal à l’âge de 12 ans.

Michelle Obama

On y trouve des cosmétiques naturels pour le corps et les cheveux à base de beurre de karité (une trentaine de types de beurres) ou de cacao ; des huiles pressées à froid ; une sacrée collection de savons, des herbes et des plantes ; de l’argile, des gels à base d’aloe vera.

Chez Kanafrik, on trouve des cosmétiques naturels pour le corps et les cheveux à base de beurre de karité (une trentaine de types de beurres) ou de cacao ; des huiles pressées à froid ; une sacrée collection de savons, des herbes et des plantes ; de l’argile, des gels à base d’aloe vera. © KANAFRIK

Depuis vingt ans, elle est installée à New York. Où elle a été mannequin, puis styliste pour la marque italienne Eredi Pisano, avant de travailler en tant que spécialiste produits chez Mac Cosmetics. Le tout en tenant un blog consacré à la beauté et au lifestyle.

C’est au cours de ces années que murit l’idée de lancer sa propre marque de cosmétiques à base de produits naturels africains.

Avant cela, elle fonde Mariama Fashion Production, une entreprise qui crée différentes sortes de textiles durables et pour qui 300 femmes artisanes travaillent sur le continent. « Nous avons d’ores et déjà collaboré avec la styliste Tory Burch, ou avec Michelle Obama », précise Mariama Camara.

Mes tissus sont à base de peau ou de noyau d’avocat, et même de feuilles d’oignon

Mariama Camara détient aussi sa propre marque éponyme d’accessoires et de prêt-à-porter. Ses artisans sont déployés en Guinée, au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana et en Tanzanie. « Mes tissus sont à base de peau ou de noyau d’avocat, et même de feuilles d’oignon. J’ai aussi travaillé en collaboration avec une professeure du Fashion Institute of Technology (FIT) de New York afin d’élaborer des teintures naturelles et non chimiques », précise-t-elle. Et d’ajouter : « J’ai à cœur de mettre en avant le développement durable et de faire travailler les artisans du continent. »

Pour « les femmes d’Afrique »

«  J’ai travaillé en collaboration avec une professeure du Fashion Institute of Technology de New York afin d’élaborer des teintures naturelles », précise Mariama Camara.

«  J’ai travaillé en collaboration avec une professeure du Fashion Institute of Technology de New York afin d’élaborer des teintures naturelles », précise Mariama Camara. © KANAFRIK

En janvier 2020 naît donc sa nouvelle société, Kanafrik (qui signifie « femmes d’Afrique » dans le dialecte parlé dans la ville de Leo, au Burkina Faso, où se situe d’ailleurs une coopérative de femmes travaillant le beurre de karité pour le compte de la marque).

Sept mois plus tard, c’est l’ouverture d’un premier magasin comptant deux employés à Abidjan, dans le quartier Riviera-Palmeraie, mais aussi d’un studio de confection  employant cinq personnes à Riviera-Golf. « L’idée est d’apporter quelque chose de véritablement nouveau à nos clients. Kanafrik n’est pas seulement un magasin, c’est aussi une expérience portée par le rayonnement et la richesse du continent. »

On y trouve des cosmétiques naturels pour le corps et les cheveux à base de beurre de karité (une trentaine de types de beurres) ou de cacao ; des huiles pressées à froid ; une sacrée collection de savons, des herbes et des plantes ; de l’argile, des gels à base d’aloe vera.

Des gommages à base de curcuma, de café, de thé vert ou d’huile de baobab sont également disponibles. Il y a aussi du savon noir, de la chantilly de karité, des huiles et crèmes à base de poudre de chebe ou de neem…

Sans parler d’un rayon alimentaire où le miel côtoie la pâte d’arachide, le piment, le gingembre, le bissap, la coco râpée, des thés de plusieurs variétés – comme le kinkéliba ivoirien – et du chocolat de diverses marques ivoiriennes.

Le deuxième étage du lieu est un espace consacré au textile (tissus, coussins ou accessoires faits à la main par les artisans de sa société, Mariama Fashion Production).

Cosmétiques, coffee shop et coworking

Il y a également un espace mi-coffee shop mi-espace de coworking, auquel on peut accéder sur rendez-vous et où sont servis thé et café ivoirien, le tout avec wifi gratuit. Le produit le moins cher ne coûte que 2 500 F CFA mais, en règle générale, les prix oscillent entre 5 000 F CFA (pour les gommages de petite taille par exemple) et 50 000 F CFA (pour les produits vendus en gros, tels les bidons de cinq litres de matières premières comme le karité ou l’huile de coco).

Côté textile, les coussins confectionnés à partir du tissu de Mariama Fashion Production coûtent 100 000 F CFA l’unité. Si les produits Kanafrik ont la primeur au sein de la boutique éponyme, on y trouve également les marques Itara Nature (shampooings, argiles et cosmétiques pour le corps) et Moha (des noix de cajou aux différentes saveurs).

La nouvelle génération doit comprendre son histoire

« Nous proposons aussi des produits bruts afin que les clients puissent confectionner leurs propres cosmétiques à la maison, et apprennent à faire bouillir les plantes, quels mélanges permettent de s’hydrater la peau… La nouvelle génération doit comprendre son histoire et ça passe par cela. »

Recyclage et clientèle internationale

L’une des autres particularités de Kanafrik est l’accent mis sur le recyclage. « Nos pots sont recyclables. Le client peut ramener cinq pots vides et, en échange, recevoir un produit gratuit. On se procure aussi les bouteilles ou bocaux que ramassent les jeunes filles au marché d’Adjamé pour pouvoir aller à l’école. On les rachète, on les peint et on y introduit nos produits. Le retour d’un bocal permet au client d’avoir une réduction de 15 % sur le produit de son choix. Nous procurons aussi des sacs réutilisables. »

Depuis sept mois, la clientèle multigénérationnelle de Kanafrik est composée d’Ivoiriens, de Libanais mais aussi de nombreux touristes de passage à Abidjan. « Kanafrik est l’une de mes sociétés les plus rentables », affirme Mariama Camara. Elle ajoute que l’ensemble de ses entreprises lui appartiennent et qu’elle entreprend sur fonds propres – sans pour autant dévoiler ses différents chiffres d’affaires.

Si la cheffe d’entreprise a d’ores et déjà dans l’idée d’ouvrir d’autres boutiques Kanafrik sur le continent, sa clientèle dépasse aussi les frontières de ce dernier. Les commandes sur Instagram et sur le site (envoyées via DHL Africa) proviennent des États-Unis, du Canada, de l’Italie, du Royaume-Uni mais aussi de la France. Autant réaffirmer que Kanafrik est une affaire qui roule.

 

 

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