Économie

Koné Dossongui : BTP, ciment, meunerie, les autres ambitions du patron ivoirien

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Bernard Koné Dossongui

Bernard Koné Dossongui © DR

On le connaissait dans la finance et les télécoms. Mais le serial entrepreneur ivoirien ne compte pas s’arrêter là : il vient d’ouvrir sa première cimenterie et devrait prochainement construire un grand moulin à Cotonou.

Les années passent, mais à 71 ans, le tycoon ivoirien Bernard Koné Dossongui reste fringant. Déjà connu pour ses activités dans les télécoms, la finance, l’aérien ou encore l’agribusiness, le serial entrepreneur  ivoirien vient d’ouvrir à Abidjan une cimenterie d’une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes.

Le septuagénaire ivoirien, considéré comme l’une des plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire et dont les apparitions publiques sont rares, a assisté à la cérémonie d’inauguration de la nouvelle usine, le 28 janvier, en compagnie de Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce et de l’Industrie.

Bâti dans la nouvelle zone industrielle d’Akoupé-Zeudji PK24, au nord d’Abidjan, le complexe a nécessité 90 millions d’euros, un investissement financé à 50 % par le groupe Banque centrale populaire (BCP) du Maroc et à 50 % par les fonds propres d’Atlantic Cement, une filiale à 100 % du holding Atlantic Group (AG), créée pour porter les activités dans le secteur.

Une surproduction qui n’inquiète pas

C’est le directeur général d’Atlantic Group, Serge Gbotta, un spécialiste du secteur débauché chez le géant français LafargeHolcim, qui gèrera en personne la Société de ciment de Côte d’Ivoire (SCCI) fondée par Atlantic Cement.

Le nouveau venu débarque dans un secteur où la capacité de la dizaine d’opérateurs dépasse les 12,5 millions de tonnes, pour une consommation nationale de 5 millions de tonnes.

« Nous sommes conscients de la situation de surproduction du pays, mais l’ouverture de notre propre cimenterie n’est que la première étape d’un projet plus global dans le domaine des BTP et de l’immobilier. SCCI est la rampe de lancement de ces futures activités, de telle sorte que nous consommerons nous-mêmes notre propre production » a confié à Jeune Afrique Georges Wilson, le bras droit de Koné Dossongui, et inamovible secrétaire général du groupe Atlantic, selon lequel le modèle est destiné à être dupliqué hors de Côte d’Ivoire.

Transformation agricole

Déjà présent au Cameroun dans la finance et dans l’agro-industrie, via une banque et une unité de transformation de cacao, Bernard Koné Dossongui ambitionne de créer à Douala, dès cette année, une cimenterie aux mêmes capacités que SCCI.

Un autre secteur, la meunerie, est également dans son viseur. « Nous lancerons d’ici cinq mois, la construction d’un grand moulin à Cotonou » poursuit Georges Wilson, qui précise que le closing financier du projet, estimé à 20 millions d’euros, est proche, le moulin devant être financé en partie par la Banque d’investissement de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (BIDC). La capacité initiale sera de 600 000 tonnes, modulables en plusieurs phases.

Atlantic Group envisage également de relancer son projet de construction d’une usine de transformation de fèves de cacao dans le port de San Pedro, soit un investissement 70 millions d’euros pour une capacité annuelle de 68 000 tonnes. Atlantic Cocoa Corporation Côte d’Ivoire, qui portera ce projet, misera sur la proximité de la région du sud-ouest ivoirien, le cœur de la production nationale d’or brun, pour assurer la sécurité de l’approvisionnement.

Agrément bancaire

En tout, ce sont plus de 300 millions d’euros que le groupe compte investir dans les mois qui viennent pour se développer dans ses pays d’implantatios.

Dans le secteur bancaire après le rachat des filiales du Mali, du Gabon et des Comores du groupe français BNP Paribas pour environ 61 millions d’euros, Atlantic Financial Group, le bras financier de Dossongui, n’attend plus que l’agrément des banques centrales de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et du Comores pour démarrer ses opérations.

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