Agroalimentaire

Congo : CA-Agri et l’expertise sud-africaine à l’épreuve d’un marché en jachère

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CA-Agri est une coentreprise fondée en 2019 par la congolaise General Trading Company (GTC, 20 % du capital) et le sud-africain VS-Agri (80 %).

CA-Agri est une coentreprise fondée en 2019 par la congolaise General Trading Company (GTC, 20 % du capital) et le sud-africain VS-Agri (80 %). © CA-AGRI

Implantée près de Dolisie et déjà active dans l’analyse des sols, CA-Agri, coentreprise entre le congolais GTC et le sud-africain VS-Agri, s’apprête à lancer son unité de production d’engrais.

Malgré les contraintes liées au Covid-19, la volonté des partenaires de Central Africa-Agriculture (CA-Agri) de créer un pôle de production d’intrants et de services agronomiques pour les marchés du pays et de la sous-région est restée intacte.

Installée près de Dolisie, dans le Niari, au cœur d’un vaste bassin de production, où elle a obtenu une concession de l’État congolais, CA-Agri est une coentreprise fondée en 2019 par la congolaise General Trading Company (GTC, 20 % du capital) et le sud-africain VS-Agri (80 %). Septième plus grand fournisseur d’engrais d’Afrique du Sud, établi au Free State, ce dernier, dont 70 % des actionnaires sont des agriculteurs, offre une gamme diversifiée de services agronomiques.

Chimique ou bio

Retardée par la pandémie, qui a gelé les échanges avec l’extérieur, « la production d’engrais de CA-Agri devrait démarrer fin avril, quand les mixeurs seront livrés et montés », précise Michel Djombo, cogérant de GTC et dirigeant de CA-Agri.

Il s’agira d’abord d’engrais chimiques, la production de « mixte », associant du chimique et du bio, suivra six mois plus tard. « L’engrais chimique est connu, pas le mixte. Il faut donc mener une campagne d’information sur le produit avant de le commercialiser », explique Michel Djombo.

L’entreprise a ainsi commencé à faire des tournées dans les zones de production du sud du pays pour sensibiliser les agriculteurs à l’usage de l’engrais. Ce n’est que dans une troisième phase qu’elle lancera la fabrication d’engrais organiques, car, s’ils sont plus efficaces sur le long terme, ces derniers agissent plus lentement que les autres pour enrichir les sols pauvres ou les friches.

Une cartographie des sols

L’activité du pôle de services agronomiques de CA-Agri a quant à elle déjà commencé. De grandes exploitations voulant savoir quel engrais utiliser ont commandé des travaux d’analyse des sols. « Les échantillons de sols sont pour le moment envoyés par DHL en Afrique du Sud et analysés par SGS [leader du secteur], relate Michel Djombo. Les résultats sont ensuite transmis à notre partenaire sud-africain, qui fait des recommandations en fonction de la nature des sols et des cultures. »

À partir du mois d’avril, dès que les mixeurs de CA-Agri seront opérationnels, les prestations de conseil agronomique seront effectuées à Dolisie, où un agronome sera chargé de cette activité à temps plein. « À chaque fois que nous irons chez un client, y compris chez les petits agriculteurs, nous effectuerons une analyse des sols, poursuit Michel Djombo. Cela nous permettra de dresser une cartographie des sols des bassins de production du pays. »

Enfin, en 2022, en partenariat avec l’État, la société devrait lancer les activités du laboratoire d’analyses, dont toutes les opérations (analyse et conseil) seront réalisées à Dolisie.

Le volet mécanisation du pôle de services agronomiques de CA-Agri prévoit la mise en place d’une unité de location d’engins agricoles aux petits cultivateurs qui ne peuvent pas acheter de machines. Son démarrage est conditionné par le financement d’un premier lot de tracteurs. D’où des pourparlers en cours avec les banques locales pour obtenir un prêt.

Les tracteurs seront également utilisés par CA-Agri, dans ses quelque 30 hectares de champs de démonstration et pour former les agriculteurs. Outre l’accès à la mécanisation, l’entreprise proposera également des formations, gratuites, notamment sur l’usage d’engrais.

Éleveurs, maraîchers et arboriculteurs

Qu’il s’agisse de fourniture d’engrais ou de services, CA-Agri peut déjà compter sur la demande de grandes exploitations, notamment en maïs (telles Todi River Farms et Green Peas), d’éleveurs (La Poule qui rit, Tolona) ou d’industriels tels que la Société agricole de raffinage industriel du sucre du Congo (Saris-Congo, filiale de Somdiaa).

Elle devrait aussi intéresser d’autres PME agricoles, des maraîchers, des arboriculteurs et de petits exploitants de maïs et de soja, dont il reste à évaluer les besoins. Étant donné que la stratégie de diversification de l’économie du pays met l’accent sur l’agriculture, la demande en produits phytosanitaires et le besoin de nouvelles compétences devraient augmenter.

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