Politique

Michaëlle Jean nommée à la tête de la Fédération haïtienne de football

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Michaëlle Jean va diriger la Fédération haïtienne de football jusqu’au 30 novembre 2022 au plus tard, sans possibilité de voir son mandat reconduit.

Michaëlle Jean va diriger la Fédération haïtienne de football jusqu’au 30 novembre 2022 au plus tard, sans possibilité de voir son mandat reconduit. © BRUNO LEVY pour JA

La Fifa a annoncé la nomination de l’ex-secrétaire générale de la Francophonie à la présidence de la Fédération haïtienne de football. Des fonctions qu’elle assumera jusqu’en 2022.

C’est à la suite d’un scandale que l’ancienne gouverneure générale du Canada s’est retrouvée à la tête de la Fédération haïtienne de football : son prédécesseur, le médecin Yves Jean-Bart, a été suspendu à vie pour agressions sexuelles sur mineures. La nomination – temporaire – de Michaëlle Jean a été annoncée le vendredi 22 janvier par la Fédération internationale de football association (Fifa).

Michaëlle Jean restera en fonction jusqu’au 30 novembre 2022 au plus tard, sans possibilité de voir son mandat reconduit. Elle devra notamment organiser des élections pour relancer l’institution avant l’année prochaine. La fédération était sous la tutelle de la Fifa depuis que Yves Jean-Bart avait été accusé d’agressions sexuelles répétées sur une dizaine de jeunes footballeuses.

Secrétaire générale de l’OIF

Née à Haïti en 1957, Michaëlle Jean avait fui la dictature de son pays d’origine pour rejoindre le Canada à l’âge de 11 ans. Son père, directeur d’un collège de Port-au-Prince, avait été arrêté et torturé par les Tontons macoutes du régime Duvalier.

Ancienne présentatrice phare de Radio-Canada, elle fut gouverneure générale de son pays entre 2005 et 2010, avant d’être nommée envoyée spéciale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en Haïti.

Un poste auquel elle avait renoncé en 2014 après avoir été choisie pour succéder au Sénégalais Abdou Diouf au poste de secrétaire générale de la Francophonie. Elle fut la première femme, non africaine de surcroît, à diriger l’institution en dépit d’une règle tacite qui réservait jusque-là le siège à un personnalité du continent.

Mandat critiqué

Sa candidature, soutenue notamment par le président français François Hollande, avait fini par faire l’objet d’un consensus après de longues négociations. Mais son mandat avait rapidement été terni par des critiques en interne : pas assez africaine, pas assez proche de certains chefs d’État du continent, Michaëlle Jean avait été poussée vers la sortie en 2018, ses pairs lui préférant Louise Mushikiwabo. L’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères avait alors pris ses quartiers au sein de l’institution en janvier 2019.

Le mandat de Michaëlle Jean avait également été entaché par des scandales financiers : la Canadienne avait été accusée d’avoir effectué des dépenses de plus de 350 000 euros pour rénover sa résidence de fonction à Paris, et d’avoir acquis un piano à queue pour plus de 13 000 euros.

Après avoir quitté le siège de l’avenue Bosquet, à Paris, Michaëlle Jean était revenue au Canada, où elle avait repris son travail auprès de la fondation créée avec son mari en 2010, qui soutient les jeunes à travers les arts.

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