Politique

Présidentielle au Bénin : pourquoi Sébastien Ajavon a saisi l’ONU

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 26 janvier 2021 à 16h02
L’opposant et homme d’affaires béninois Sebastien Ajavon, en mars 2018 à Cotonou.

L'opposant et homme d'affaires béninois Sebastien Ajavon, en mars 2018 à Cotonou. © Charles Placide pour Jeune Afrique

L’opposant béninois exilé en France s’est tourné vers le Comité des droits de l’Homme du Haut-Commissariat des Nations unies, estimant avoir été injustement privé de ses droits civiques à la veille du scrutin présidentiel du 11 avril.

Sébastien Ajavon vient de saisir le Comité des droits de l’homme du Haut-Commissariat des Nations unies, basé à Genève, pour réclamer la levée de sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite et du terrorisme (Criet) et la suspension des procédures judiciaires lancées contre lui par la justice béninoise.

Il ne peut en effet espérer voir son éventuelle candidature à la présidentielle du 11 avril être validée par la Commission nationale électorale autonome (Cena) en raison de sa condamnation à vingt ans de prison par contumace par la Criet, le 18 octobre 2018, dans le cadre de l’affaire dite des 18 kg de cocaïne.

Ce que contient la saisine

Selon nos informations, l’opposant affirme, dans sa communication transmise à l’instance onusienne par son avocat parisien Me Antoine Vey, être victime d’une violation de son « droit à prendre la direction des affaires publiques ». L’homme d’affaires s’estime en effet injustement empêché de présenter sa candidature à la présidentielle, lors de laquelle le chef de l’État Patrice Talon briguera un second mandat.

La Commission électorale nationale autonome (Cena), commencera à recevoir les dossiers de candidatures à cette présidentielle à partir du 4 février.

Dans sa saisine, Ajavon s’affirme également victime d’une « asphyxie financière » de la part des autorités béninoises, citant notamment la suspension de sa radio, Soleil FM, en décembre 2019, et le redressement fiscal dont ses sociétés basées au Bénin – SCI Elite, Comon et JL – ont fait l’objet en août 2017 pour un montant global de 167 milliards de F CFA (254 millions d’euros).

La défense de l’homme d’affaires, qui a obtenu le statut de réfugié politique en France en avril 2019, s’appuie entre autres sur plusieurs arrêts rendus par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) en sa faveur. De leur côté, les autorités béninoises qualifient ces décisions de « politiques » et estiment ne pas avoir à les appliquer. En avril 2020, le Bénin s’est d’ailleurs retiré du protocole qui permettait jusque-là à ses citoyens et à des organisations de la société civile du pays de saisir la CADHP en cas de violation présumée de leurs droits.

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