Politique

RDC : pourquoi le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba boycottera la plénière à l’Assemblée

Invité par les députés nationaux à répondre à une motion de censure signée par 301 parlementaires, ce proche de Joseph Kabila, actuellement à Lubumbashi, n’entend pas rentrer à Kinshasa avant ce soir. Voici pourquoi.

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Mis à jour le 26 janvier 2021 à 10:29

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba est visé par une motion de censure. © DR

Ce 26 janvier, les députés nationaux doivent se livrer à un examen de la motion de censure visant le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a appelé les parlementaires de l’Union sacrée à y « participer massivement ».

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Pour le camp de Félix Tshisekedi, le message est clair : s’il ne démissionne pas, le chef du gouvernement, proche de Joseph Kabila, doit coûte que coûte être évincé.

« Mission officielle »

Selon une source proche de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, ce dernier n’entend pas répondre à l’invitation du bureau d’âge, qu’il considère comme « non compétent et illégal ». Il serait toutefois prêt à démissionner, si la procédure se déroule dans les règles. En attendant, le Premier ministre est parti le 24 janvier à Lubumbashi. Le lendemain de son arrivée, il a échangé pendant près de deux heures en tête-à-tête avec Joseph Kabila, l’autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC), dont il est membre.

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Selon nos informations, Gilbert Kandonde, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, lui a signé un ordre de « mission officielle »de trois jours. Il devrait rentrer à Kinshasa ce 26 janvier, en début de soirée.

Tshibanda à la manœuvre

Raymond Tshibanda, le président de la cellule de crise mise en place par Joseph Kabila, a donné plusieurs directives aux parlementaires du FCC en vue de la plénière, rappelant que le bureau d’âge n’est pas habilité à examiner une motion de censure visant le Premier ministre. « Il est demandé à tous les députés FCC de ne pas signer les listes des présences », a-t-il écrit aux chefs des partis de cette plateforme politique.

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Tshibanda leur a fait suivre d’autres consignes : entrer dans la salle non pas pour siéger mais pour rappeler la position du FCC ; quitter l’assistance une fois la motion votée et, enfin, faire une déclaration à la presse à la sortie, afin d’expliquer leur démarche.

Le 7 décembre dernier, au lendemain de l’annonce de la rupture de la coalition qu’il formait avec son prédécesseur, Félix Tshisekedi avait déjà demandé au Premier ministre de lui remettre sa démission. Ce dernier lui avait alors répondu qu’il ne quitterait volontairement son poste qu’à la demande de Joseph Kabila, qui avait personnellement suggéré son nom au chef de l’État.