Politique

RDC : ce que le remplacement de Kamerhe par Nyembo dit de la stratégie de Tshisekedi

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Guylain Nyembo Mbwizia a été nommé directeur de cabinet de Félix Tshisekedi le 25 janvier 2021.

Guylain Nyembo Mbwizia a été nommé directeur de cabinet de Félix Tshisekedi le 25 janvier 2021. © DR / Présidence RDC.

En nommant Guylain Nyembo Mbwizia à la tête de son cabinet en remplacement de Vital Kamerhe, condamné en juin 2020, Félix Tshisekedi avait plusieurs objectifs en tête.

« Stratégique ». C’est le mot qui revient lorsque l’on interroge l’entourage immédiat de Félix Tshisekedi sur la nomination de Guylain Nyembo Mbwizia au poste de chef de cabinet du chef de l’État congolais. Il remplace désormais officiellement Vital Kamerhe, qui, condamné à 20 ans de prison pour détournements de fonds et corruption en juin dernier, n’exerçait déjà plus ses fonctions depuis son arrestation, le 8 avril.

Jusqu’alors directeur de cabinet adjoint chargé des questions économiques et de la reconstruction, Guylain Nyembo Mbwizia est décrit par ses proches comme un homme « posé » et « dans la retenue ». Formé à l’économie en Belgique, où il côtoyé Félix Tshisekedi, il a un temps été le secrétaire national chargé de la jeunesse de la branche « Bénélux » de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, le parti du chef de l’État).

Un « message » aux Katangais ?

Sa nomination a constitué une surprise pour nombre d’observateurs. Pour prendre la succession de Vital Kamerhe, le nom de Claude Ibanlanky, coordonnateur du mécanisme national de suivi de l’accord cadre d’Addis-Abeba, avait été avancé. Désire Cashmir Kolongele Eberande, directeur de cabinet adjoint chargé des questions administratives et juridiques, qui avait été désigné en mai 2020 pour assurer l’intérim de Kamerhe, une semaine seulement avant sa condamnation, était également dans la shortlist. Ce dernier bénéficiait en particulier du soutien de Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président par intérim de l’UDPS.

En désignant Guylain Nyembwe Bwisha, originaire du territoire de Kongolo, dans la province du Tanganyika (créée en 2015 suite au démembrement de la province du Katanga), Félix Tshisekedi aurait, selon son entourage, « fait passer un message ».

Après la rupture de son alliance avec Joseph Kabila – qui vit depuis décembre dans sa ferme de Kashamata, près de Lubumbashi – , et alors que l’éviction du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba – un Katangais – n’est plus qu’une question d’heures, le chef de l’État aurait ainsi voulu « rassurer » et calmer le mécontentement d’une partie de la nomenklatura politique de la province méridionale.

Une région dont est également issue Moïse Katumbi, avec lequel les négociations en vue de la répartition des postes au sein du futur exécutif, constitué sur la base de l’« Union sacrée » voulue par Tshisekedi, semble achopper ces dernières semaines.

Stabiliser le cabinet

Cette nomination, qui est, à en croire le cabinet présidentiel, « la première étape de la restructuration tant attendue d’un cabinet pléthorique et décrié », aurait en outre été discutée auparavant avec Vital Kamerhe. Consulté sur le sujet, l’ex-directeur de cabinet de Tshisekedi aurait « accepté de libérer le poste », selon une source proche de ce dernier, dans le cadre de discussions en vue de sa possible évacuation sanitaire à l’étranger.

Félix Tshisekedi, qui doit prendre dans quelques jours la présidence de l’Union africaine, entend par ailleurs stabiliser son cabinet afin de compenser l’instabilité provoquée par la prochaine démission de son gouvernement.

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