Économie

Brazza-Dubaï : ECAir ouvre les portes du Moyen-Orient

La compagnie nationale congolaise ECAir a lancé lundi son premier vol commercial en direction de Dubaï au départ de Brazzaville. Une première dans l’histoire aérienne du Congo.

Mis à jour le 2 avril 2014 à 18:57

Embarquement des passagers du premier vol commercial ECAir à destination de Dubaï, le 31 mars à l’aéroport de Maya Maya (Congo-B). © Trésor Kibangula

Un « moment historique » dans l’histoire de l’aviation du Congo-Brazzaville. Le 31 mars, l’Equatorial Congo Airlines (ECAir) a lancé son premier vol commercial direct en direction de Dubaï au départ de Brazzaville, la capitale congolaise. Jamais une compagnie aérienne congolaise n’avait effectué jusqu’ici un vol direct vers un continent autre que l’Europe. « C’est une véritable fierté pour nous mais aussi pour le pays », a confié à Jeune Afrique Dr Maria-Angelika Hanne, directrice commerciale d’ECAir et conseillère de la directrice générale en matière de finances.

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Une « fierté » partagée par de nombreux passagers congolais, habitués à voyager aux Émirats arabes unis avec d’autres compagnies concurrentes, qui ont décidé de « faire confiance à [leur] compagnie nationale ». À l’instar d’Alice Bienvenu Bayo qui estime qu’il est « important d’accompagner les efforts de développement du pays ». Une manière pour cet homme d’affaires de 56 ans de démontrer son « petit relent de patriotisme », soutient-il, soulignant également qu’il est souvent « agréable de voyager à côté des siens et dans un environnement qui vous rappelle que vous êtes chez vous ». Allusion faite non seulement aux langues – lingala et kituba notamment utilisées dans les annonces à bord de l’avion – mais aussi aux plats culinaires proposés.

Nous voulons faire d’ECAir une plaque tournante, une compagnie leader en Afrique
Dr Maria-Angelika Hanne

Trois rotations par semaine

Et ce, trois fois par semaine – lundi, mardi, samedi pour les vols aller et mardi, samedi, dimanche pour les retours -, soit trois rotations du Boeing 757, avec ses 148 places, entre Brazzaville et Dubaï, l’une de principales villes des Émirats arabes unis. Pour le premier vol commercial, ECAir n’a demandé à ses passagers qu’un moitié-prix, soit 243 800 F CFA (370 euros). « C’est très attractif », reconnaît Edouard Itoua, qui travaille dans l’hôtellerie à Brazzaville. Pour lui, « si ECAir veut conserver une clientèle nationale, il doit se comporter comme une compagnie nationale, en maintenant par exemple les prix des billet à un niveau raisonnable. » Une préoccupation qui est revenue souvent du côté des premiers passagers du vol LC061. Ce à quoi Dr Maria-Angelika Hanne répond : « Des places à des prix flexibles seront toujours disponibles, mais il faudra réserver ses billets un peu en avance pour pouvoir en bénéficier. »

Seulement voilà, à ce jour, il n’est pas encore possible d’acheter ses billets ni d’effectuer une réservation directement sur le site internet de la compagnie aérienne. « Ce sera chose faite d’ici au mois de mai, promet la directrice commerciale. Une équipe y travaille d’arrache-pied ». En attendant, ECAir compte renforcer son réseau en Afrique et son hub à Brazzaville. Après l’étape de Dubaï, retour donc sur le continent avec « bientôt » des vols vers Libreville et Lomé, voire Dakar dans un futur proche. « Nous voulons faire d’ECAir une plaque tournante, une compagnie leader en Afrique », affirme Dr Maria-Angelika Hanne, confiante.

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Par Trésor Kibangula, envoyé spécial à Brazzaville