Économie

Coton : « L’Afrique doit se prendre en main »

Par
Mis à jour le 21 mars 2014 à 11:40

Abah Ofon, analyste chez Standard Chartered Bank, préconise pour l’Afrique la création d’une plate-forme continentale où les négociants pourront mieux comparer le coton africain à ses concurrents.

Les prix du coton restent volatils, dépendants de la demande chinoise. Pékin a gonflé ses réserves entre mars et août 2013 – ses stocks représentent aujourd’hui 60 % du total mondial -, ce qui a dopé les prix sur cette période. La pénurie aux États-Unis, à cette époque et au début de 2014, a aussi poussé à la hausse, à la Bourse intercontinentale de New York (ICE), le cours du coton américain. Or celui-ci sert de référence pour le reste du monde. Les prix ont donc également été élevés dans les autres grandes zones productrices, dont l’Afrique, même si la situation n’y était pas aussi tendue. Mais à court terme, les cours devraient baisser, avec une reprise de la production américaine et un déstockage en Chine.

Cours du coton à la Bourse de New York.

Ventes en baisse

En Afrique, les ventes sont en légère baisse : – 3,2 % sur un an, avec 6,2 millions de balles de coton (de 218 kg) écoulées en 2013-2014. Un recul dû à la diminution des exportations et à la faiblesse de la demande continentale, qui reste stable. Les grands acheteurs, comme la Chine, le Pakistan ou le Bangladesh, privilégient les cotons américain et asiatique.

La décision de la Bourse intercontinentale de New York de lancer, d’ici à la fin de 2014, un « contrat coton international » incluant des cotons non américains – et notamment africains – est une bonne nouvelle. Elle devrait permettre d’éliminer le décalage existant entre la situation mondiale et le niveau des prix, déterminé jusqu’à présent par le seul marché américain. Cela contribuera à améliorer la transparence et la fluidité du marché international et à réduire les risques pour les négociants. Mais l’Afrique doit se doter d’une plate-forme continentale où ces derniers pourront mieux comparer le coton africain à ses concurrents. »