Agroalimentaire

Cedeao, Turquie, Arabie saoudite : Cosumar, dopé par l’export, accélère sa diversification

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Cosumar est le principal producteur industriel de sucre au Maroc.

Cosumar est le principal producteur industriel de sucre au Maroc. © www.cosumar.co.ma

Le géant marocain a réalisé un tiers de ses ventes de sucre hors du royaume. De quoi amortir le choc du Covid-19 et voir plus loin que l’or blanc.

Du côté du leader marocain du sucre, les craintes du début de la pandémie ont laissé place à un certain soulagement. « La résilience » du groupe a joué, insistent les équipes de Mohamed Fikrat, président du groupe depuis 2004 et dont le mandat a été renouvelé en août 2020. À preuve : après plusieurs mois de suspense, Cosumar a versé, au début de septembre dernier, un « dividende exceptionnel » de 7 dirhams (0,63 euro) à ses actionnaires.

Le tonnage exporté a été multiplié par 100 en sept ans

Le bilan positif de 2020 doit beaucoup aux ventes à l’exportation, qui ont grimpé de 25 % à 650 000 tonnes expédiées vers une trentaine de pays, du pourtour méditerranéen jusqu’en Turquie, en Arabie saoudite et en Afrique de l’Ouest. Le continent africain a absorbé plus de 20% du volume exporté, pour 10 % à destination des États-Unis.

Impressionnante montée en puissance

Cosumar dispose d’une capacité de production de 1,65 million de tonnes par an, avec sept sucreries (deux de canne à sucre et cinq de betteraves à sucre), 80 000 hectares de plantes sucrières et un raffinerie au Maroc.

Le tonnage exporté a été multiplié par presque 100 en sept ans. L’activité d’exportation de Cosumar, démarrée lentement à partir de 2013 avec l’arrivée de son nouvel actionnaire de référence, le singapourien Wilmar, l’un des leaders mondiaux de l’agrobusiness, s’est accéléré ces dernières années.

Une montée en puissance qui est appelée à se poursuivre. Si le marché asiatique échappe au producteur marocain en raison de coûts logistiques élevés la raffinerie de Cosumar à Durrah, en Arabie Saoudite, devrait bientôt commencer. Sa production de 850 000 tonnes desservira le marché saoudien et la zone MENA, où le déficit est estimé à plus de 8 millions de tonnes de sucre par an.

40 millions d’euros injectés dans son usine

L’usine implantée sur l’un des quais du port de Yanbu est détenue à plus de 43 % par Cosumar, qui y a injecté plus de 450 millions de dirhams (plus de 40 millions d’euros). Le démarrage de son activité, prévu initialement en mars 2020, a été retardé par les restrictions de déplacements dues à la crise sanitaire, laquelle a empêché les visites et essais des fournisseurs installés en Asie et en Europe.

Le cours du sucre au augmenté de 50 % en un an et demi

Outre le site de Durrah et les marchés du Moyen-Orient, Cosumar peut aussi compter sur une position renforcée en Afrique de l’Ouest. Le leader marocain est actionnaire majoritaire de Comaguis (avec 55 % du capital, le reliquat revenant à la société guinéenne Sogecile), qui détient une usine d’une capacité de 50 000 tonnes par an, localisée à 1km du port de Conakry.

Une hausse des capacités de production favorisée par la bonne forme du cours du sucre, dont les contrats à terme (futures) atteignent 450 dollars la tonne à Londres, contre un plus bas de 300 dollars atteint en août 2019, après trois années de recul quasi ininterrompu.

Cours du sucre à Londres.

Cours du sucre à Londres. © Investing.com

Leader national, régional et continental de l’agroalimentaire diversifié

« Du développement de l’export, à l’usine en Arabie Saoudite en passant par celle implantée en Guinée, tout ce que nous faisons ces dernières années s’inscrit dans le cadre de notre nouvelle stratégie de diversification Leader@25 », explique le management du groupe marocain. La stratégie, lancée en 2017, vise à faire de Cosumar, longtemps cantonné au sucre, « un leader national, régional et continental de l’agroalimentaire diversifié », à l’horizon 2025.

Le producteur marocain s’est associé au singapourien Wilmar

Présent dans le sucre depuis 90 ans, Cosumar lorgne en direction d’activités adjacentes, dans la minoterie, la chocolaterie ou encore la biscuiterie. Le producteur marocain s’est déjà associé à Wilmar, qui détient la majorité, dans Wilmaco.

Les partenaires construisent une usine de graisses végétales, voisine de la raffinerie de Cosumar à Casablanca, pour un investissement de 350 millions de dirhams, afin de répondre à une forte demande sur le marché marocain, où 40% de la consommation est importée.

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