Diplomatie

Frontière Bénin-Nigeria : ce que Patrice Talon a proposé à Muhammadu Buhari

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Muhammadu Buhari et Patrice Talon, en octobre 2018.

Muhammadu Buhari et Patrice Talon, en octobre 2018. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP

Les deux chefs d’État se sont rencontrés en tête-à-tête, le 19 janvier, pour évoquer la réouverture partielle de la frontière entre le Bénin et le Nigeria. Patrice Talon a fait une proposition à Muhammadu Buhari.

Le 19 janvier, Patrice Talon et Muhammadu Buhari se sont rencontrés à huis clos au Palais présidentiel à Abuja. C’est la première fois que les deux chefs d’État échangeaient depuis l’annonce par le Nigeria, le 16 décembre dernier, de la réouverture de ses frontières terrestres avec le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun, après seize mois de fermeture.

Projet d’accord

Pour cette visite de travail, organisée à l’initiative de Cotonou, le président béninois avait fait le déplacement à Abuja accompagné d’une délégation comptant notamment son ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, et son ministre des Finances, Romuald Wadagni.

Accueillis à l’aéroport international Nmamdi Azikiwe par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, Patrice Talon et sa délégation se sont ensuite rendus à l’Aso Villa, où s’est d’abord tenue une réunion élargie à l’ensemble des ministres et conseillers présents.

Selon nos informations, le président béninois a soumis un projet d’accord à son homologue, prévoyant que des douaniers et policiers nigérians puissent être stationnés dans son pays, notamment au Port Autonome de Cotonou (PAC), afin d’y faire les contrôles nécessaires sur les marchandises destinées à être convoyées vers le Nigeria.

La proposition aurait été favorablement accueillie par Abuja. Un groupe de travail a été mis sur pied entre les autorités des deux pays pour régler les questions réglementaires devant permettre la mise en place de ce système. L’objectif est qu’il soit effectivement en place d’ici au 1er juin prochain.

Le président nigérian a réaffirmé à cette occasion qu’il n’était pas opposé au transit de marchandises, et s’est engagé à ce que celui-ci soit de nouveau possible dans les meilleurs délais.

Mécontentement

Patrice Talon s’est ensuite entretenu en tête-à-tête avec Muhammadu Buhari. Ce dernier lui a fait part de son mécontentement face à l’ampleur de la contrebande qui sévit entre les deux pays. Une source au sein de l’entourage du président nigérian affirme en outre que celui-ci s’est inquiété de voir une recrudescence de ces trafics depuis la réouverture partielle de la frontière entre les deux pays.

Après la rencontre avec les autorités nigérianes, la délégation béninoise est restée plusieurs heures à Abuja, où, au sein de l’ambassade, elle a mené une série d’entretiens avec des acteurs économiques nigérians, parmi lesquels l’homme d’affaires Aliko Dangote. Ce dernier, qui avait auparavant milité en faveur de la fermeture des frontières avec le Bénin, avait beaucoup insisté ces derniers mois auprès de Muhammadu Buhari, dont il est proche, pour revenir sur cette décision.

En août 2019, le Nigeria avait annoncé, sans en prévenir au préalable les autorités de ses voisins, la fermeture de ses frontières terrestres. L’annonce de la réouverture de celles-ci ne s’est pas traduite dans les faits par une reprise du trafic de marchandises entre les deux pays.

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