Politique

Algérie : la nouvelle vie du détenu VIP Saïd Bouteflika à El Harrach

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 20 janvier 2021 à 10h53
Le frère de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika a été transféré à la prison d’El Harrach.

Le frère de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika a été transféré à la prison d'El Harrach. © Zebar

Après avoir été acquitté par le tribunal militaire, le 3 janvier, le frère cadet de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika a été transféré de la prison militaire de Blida à celle d’El Harrach. Voici le nouveau régime carcéral auquel il est soumis.

Dès son arrivée dans cet établissement pénitencier de la banlieue d’Alger, Saïd Bouteflika, 63 ans, a été placé à l’isolement en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19. La mise en quarantaine de l’ancien puissant conseiller à la présidence, acquitté de l’accusation de « complot contre l’armée et l’autorité de l’État » pour laquelle il avait été condamné à quinze ans de prison, a pris fin le 17 janvier.

Son transfèrement fait suite à une décision du juge d’instruction du tribunal d’Alger de le placer sous mandat de dépôt avant son procès en appel, dans le cadre de l’affaire du financement de la campagne pour un cinquième mandat de son frère aîné, le président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Saïd Bouteflika occupe une cellule individuelle dans le pavillon réservé aux VIP, qui y purgent des peines ou sont en attente de jugement.

Codétenus et visites

Dans ce même pavillon, plusieurs ex-ministres sont incarcérés, notamment Saïd Barkat, Djamel Ould Abbes, Tayeb Louh ou encore Amar Ghoul, qu’il a fréquentés lorsqu’il était aux affaires. Il pourrait également croiser les frères Kouninef, avec lesquels il était très lié.

Je suis victime des personnes du régime

Selon l’un de ses avocats, qui lui rend régulièrement visite, le prévenu a droit à la télévision, mais pas à la presse. Il peut également effectuer deux promenades quotidiennes avec des VIP, strictement à l’écart des autres prisonniers, pour des raisons de sécurité. Par ailleurs, il a droit, comme à Blida, à des visites familiales.

Toujours selon l’un de ses conseils, le frère cadet d’Abdelaziz Bouteflika garde le moral, mais il serait très affecté par ses déboires judiciaires, étant selon lui « totalement innocent ». « Je suis victime des personnes du régime », a-t-il confié à l’un d’eux, qui précise que son client ne comprend toujours pas pourquoi il a été placé sous mandat de dépôt.

Sellal, Haddad et Louh

Bien qu’acquitté par le tribunal militaire de Blida, Saïd Bouteflika reste en effet impliqué dans d’autres affaires. La justice civile l’a déjà inculpé dans deux dossiers. Le premier est lié au financement de la campagne pour le cinquième mandat de son frère, affaire pour laquelle l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et l’ex-homme d’affaires Ali Haddad avaient été lourdement condamnés en première instance. Et le deuxième concerne l’ancien ministre de la Justice Tayeb Louh.

Saïd Bouteflika est inculpé pour ses présumées interventions auprès de ce dernier, qui étaient destinées à aider des hommes d’affaires ou encore à faire annuler les mandats d’arrêts internationaux émis en août 2013 contre l’ancien ministre de l’Énergie Chakib Khelil ainsi que contre des membres de la famille Khelil dans l’affaire Sonatrach.

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