Politique

Ouganda : Bobi Wine toujours assigné à résidence, internet partiellement rétabli

| Par Jeune Afrique avec AFP
Bobi Wine, candidat à la présidentielle, lors du vote, à Kampala, le 14 janvier 2021.

Bobi Wine, candidat à la présidentielle, lors du vote, à Kampala, le 14 janvier 2021. © REUTERS/Abubaker Lubowa

L’accès à internet a été partiellement rétabli en Ouganda, deux jours après la proclamation de la réélection de Yoweri Museveni pour un sixième mandat, et alors que Bobi Wine reste assigné à résidence.

La police a annoncé lundi l’arrestation de plus de 50 personnes en relation avec des « violences », deux jours après que la commission électorale a proclamé samedi 16 janvier la victoire pour un sixième mandat de Yoweri Museveni, avec 58,6% des voix. Un résultat rejeté par Bobi Wine, crédité de 34,8% des voix.

L’opposant, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, assure que le scrutin a été entaché de fraudes et constitue une « mascarade complète ». Depuis qu’il est allé voter jeudi, il n’a pas quitté sa maison de Kampala, et a assuré dimanche qu’il est « assiégé » par les soldats et la police qui ont encerclé sa maison, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir.

« Notre leader est effectivement assigné à résidence », a déclaré le porte-parole de la Plateforme de l’unité nationale (NUP) Joel Ssenyonyi lors d’une conférence de presse, ajoutant que personne n’était autorisé à visiter Bobi Wine. « Sa maison n’est pas un centre de détention. Nous sommes très préoccupés par l’état dans lequel lui et sa femme se trouvent », a-t-il ajouté dimanche.

Internet partiellement rétabli

Des forces de l’ordre ougandaise, à Kampala, lors de la présidentielle de janvier 2021.

Des forces de l'ordre ougandaise, à Kampala, lors de la présidentielle de janvier 2021. © Jerome Delay/AP/SIPA

En parallèle, l’accès à internet a été partiellement rétabli lundi. Les réseaux sociaux et services de messagerie ont été suspendus à partir du 12 janvier et l’accès à internet était très perturbé depuis le 13 janvier, le gouvernement ayant évoqué des raisons de sécurité nationale. « Internet a été rétabli. Les autres plateformes sont toujours à l’étude », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ofwono Opondo. Il a ajouté que ce rétablissement partiel pourrait être étendu « en fonction de ce qu’il se passe lors de la phase initiale d’ouverture de la connexion ». « Nous conseillons aux internautes, notamment ceux de l’opposition, de ne pas l’utiliser pour promouvoir de la propagande haineuse, des menaces, de l’intimidation comme nous l’avons observé avant (la coupure) », a-t-il ajouté.

Les réseaux sociaux restent encore très perturbés à Kampala, où des millions de personnes n’ont pas – ou presque – été en mesure d’envoyer des mails, d’effectuer des recherches ou d’utiliser Facebook depuis une semaine. L’Ouganda compte 20 millions d’utilisateurs d’internet, soit près de la moitié de sa population, selon des chiffres du régulateur des télécommunications. Les données de NetBlocks, une organisation non gouvernementale qui recense les pannes d’internet, montrent selon elle une planification en amont du blocage. « Il s’agit d’un des blackouts à l’échelle nationale les plus méthodiques que nous ayons observés », a déclaré l’organisation à l’AFP.

Le scrutin s’est déroulé dans un calme apparent jeudi, mais sous la forte et oppressante présence de policiers anti-émeutes et de militaires. Il s’est tenu à l’issue d’une campagne particulièrement violente, marquée par des morts, des agressions contre les médias et de nombreuses arrestations de membres de l’opposition. Le porte-parole de la police a annoncé que 55 personnes avaient été arrêtées au cours de la période électorale pour « actes violents ».

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