Politique

Togo : ce qu’il faut savoir sur le général Dadja Maganawé, nouveau chef d’état-major de l’armée

Réservé aux abonnés | | Par - à Lomé
Mis à jour le 18 janvier 2021 à 12h58
Le général Dadja Maganawé, nommé chef d’Etat-major des Forces armées Togolaises le 6 décembre 2020.

Le général Dadja Maganawé, nommé chef d’Etat-major des Forces armées Togolaises le 6 décembre 2020. © DR

Nommé chef d’état-major en décembre dernier, le général Dadja Maganawé est le nouvel homme fort de l’armée togolaise. Ancien préfet, cet artilleur de formation aura notamment pour mission de moderniser l’appareil militaire de Faure Gnassingbé.

Nomination surprise

Lu à la télévision nationale le dimanche 6 décembre, le décret présidentiel annonçant sa nomination au poste de chef d’état-major a créé la surprise bien que, dans les couloirs du pouvoir, la perspective d’un changement à la tête de l’armée était évoquée depuis plusieurs semaines.

Le général Dadja Maganawé remplace le général Félix Abalo Kadanga. Très proche du président Faure Gnassingbé, dont il a épousé une soeur, Babanam Gnassingbé, Kadanga avait été nommé en 2013.

Juste avant sa nomination, Dadja Maganawé, qui était auparavant colonel, a été promu au grade de général de brigade.

L’affaire Madjoulba

Sa désignation intervient huit mois après le décès suspect du colonel Bitala Madjoulba, commandant du 1er bataillon d’intervention rapide (BIR) dont le corps sans vie a été retrouvé dans son bureau au matin du 4 mai dernier, au lendemain de l’investiture de Faure Gnassingbé.

Une information judiciaire a été ouverte après que l’autopsie a conclu à une mort par balle et, si l’enquête n’a pour l’heure pas livré ses conclusions, le procureur n’a pas hésité à parler de « crime ». Les conditions du décès de ce militaire proche du président a suscité l’émotion au Togo, en particulier dans les rangs de l’armée. Nul doute que ce dossier sera suivi avec attention par le général Dadja Maganawé.

Modernisation à mener

Il est le huitième officier à prendre les fonctions de chef d’état-major de l’armée du Togo depuis l’indépendance. L’armée togolaise, forte de 17 000 hommes,  est engagée dans un plan de modernisation qui doit se déployer sur les cinq prochaines années.

La loi de programmation militaire, votée fin 2020, prévoit un budget de 722 milliards de francs CFA pour financer des achats d’équipements et l’enrôlement de nouvelles recrues.

Secrétaire intérimaire

Depuis juillet 2017, il occupait le poste de secrétaire général pour l’administration au ministère de la Défense et des Anciens combattants, lequel est rattaché depuis 2007 à la présidence de la République.

Un poste qu’il continuera d’assumer de façon intérimaire au sein du ministère des Armées, à la tête duquel a été nommée Marguerite Gnakade, en attendant la désignation de son successeur.

Préfet de fer

Pendant quinze ans, il a été le préfet de Dankpen, située dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec le Ghana.

En 2014, il y avait notamment croisé le fer avec Sambiri Targone, un député de l’opposition contre lequel il avait déposé plainte pour troubles à l’ordre public, obtenant la levée de son immunité parlementaire. Sa gestion ferme lui avait à l’époque valu des critiques de la part d’organisations de la société civile et de partis de l’opposition.

Artilleur globe-trotter

Formé au Collège militaire de Tchitchao, dans le nord du Togo, le nouveau chef d’état-major s’est perfectionné à l’étranger.  Entré en 1989 à l’École nationale des officiers d’active (ENOA) de Thiès, au Sénégal, il en ressort en 1991 titulaire d’un diplôme de chef de section.

Promu au grade de sous-lieutenant en janvier 1992, il intègre l’école d’artillerie de Draguignan, en France.

Ordre du Mono

Plusieurs fois décoré, il a notamment été fait Officier puis Commandeur de l’Ordre du Mono, la plus haute distinction de chevalerie togolaise créée au lendemain de l’indépendance par le président Sylvanus Olympio. Une distinction qu’il doit, à en croire son entourage, à « son engagement et à son dévouement pour la nation ».

« Casque blanc »

Entre 1998 à 1999, il a participé à la première mission de la Brigade de surveillance du cessez-le-feu déployé par la Cedeao en Guinée-Bissau.

Environ 600 de ces « Casques blancs » ouest-africains avaient été envoyés à la demande du président bissau-guinéen d’alors, João Bernardo Vieira, dit Nino, confronté à une rébellion menée par le général Ansumane Mané, son ancien chef d’état-major qui bénéficiait du soutien d’une large partie de l’armée.

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