Politique économique

Centrafrique : la bouffée d’oxygène à 34 millions de dollars du FMI à un pays au bord de l’asphyxie

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Mis à jour le 13 janvier 2021 à 17h01
Casques bleus à Bangui lors des élections du 4 janvier 2021.

Casques bleus à Bangui lors des élections du 4 janvier 2021. © Adrienne Surprenant / Collectif Item

Dans un contexte sécuritaire, politique et économique particulièrement tendu, le FMI a validé le décaissement d’une nouvelle tranche d’aide, dont se félicite le ministre des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra.

Le gouvernement centrafricain a annoncé, le 13 janvier, avoir obtenu un nouveau décaissement du Fonds monétaire international de plus de 34 millions de dollars, dans le cadre de l’accord de Facilité élargi de crédit conclu le 20 décembre 2019 pour un montant total d’environ 115,1 millions de dollars sur trois ans.

Outre cet arrangement, le FMI a apporté 38 millions de dollars de financement d’urgence à la Centrafrique, en avril 2020, pour aider le pays face à la crise de coronavirus.

« Le FMI est convaincu que les nombreuses réformes que j’ai pilotées sont les bonnes, et s’est montré satisfait de l’assainissement des finances publiques en Centrafrique. Le conseil d’administration n’a donc pas hésité à répondre favorablement à travers cette facilité de crédit rapide », a déclaré à Jeune Afrique le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra.

Des réformes à poursuivre

« Les autorités se sont attachées à faire en sorte que les financements d’urgence des donateurs soient utilisés de manière efficace et transparente pour lutter contre la pandémie et atténuer son impact sur les plus vulnérables. Des progrès substantiels ont également été réalisés dans la mise en œuvre des réformes structurelles », relève effectivement le ddirecteur général adjoint et président par intérim du Fonds, Mitsuhiro Furusawa, à l’issue du conseil d’administration qui a validé le décaissement.

En outre, si le contexte lié au Covid-19 n’a pas permis à Bangui de respecter les critères de performance sur lesquels il s’était engagé en 2019, la demande de dérogation déposée par les autorités a été validée.

« Pour l’avenir, les autorités poursuivront leurs efforts pour soutenir la reprise économique et réduire la pauvreté, en donnant la priorité aux dépenses sociales, à l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures, à la consolidation du compte unique du Trésor et au renforcement de la supervision du secteur public. Elles mettront également en œuvre des réformes visant à renforcer la gouvernance et le climat des affaires, notamment par la présentation au parlement d’une nouvelle loi anticorruption et la publication des marchés publics », poursuit le dirigeant.

Axes routiers bloqués

Ce financement, dans un contexte où les rebelles, qui menacent depuis décembre de faire tomber le gouvernement, asphyxient le pays économiquement et financièrement en bloquant les principaux axes routiers, notamment la route qui mène à la frontière avec le Cameroun, principale voie de ravitaillement de la Centrafrique.

« Nous faisons face à une guerre qui étouffe notre économie. Alors, ce financement est une bouffée d’oxygène pour nous », fait valoir Henri-Marie Dondra, qui vient d’être élu dès le premier tour député du 1er arrondissement de Bangui, la plus importante circonscription électorale de la capitale, et confie avoir passé près d’une semaine à ficeler ce plan.

 

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