Politique

RDC : le plan de Joseph Kabila face à l’offensive de Félix Tshisekedi

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Mis à jour le 7 janvier 2021 à 17:45

Joseph Kabila, en décembre 2018 à Kinshasa. © JOHN WESSELS/AFP

Retranché depuis fin décembre dans sa ferme de Kashamata, Joseph Kabila peaufine sa stratégie afin de contrer les manœuvres du chef de l’État Félix Tshisekedi visant à prendre le contrôle de la majorité.

Depuis Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, Joseph Kabila a mené une série de consultations avec les membres de sa plateforme politique, le Front commun pour le Congo (FCC), et ceux du comité de crise qu’il a mis en place après son départ dans l’espace grand Katanga, le 11 décembre.

Objectif : trouver une issue à la crise politique, après l’annonce de la rupture de la coalition que le FCC formait avec le Cap pour le Changement (Cach) de Félix Tshisekedi. En quête d’une nouvelle majorité, le chef de l’État bénéficie en effet du ralliement de nombreux membres du camp de l’ancien président. Selon nos informations, cinq hypothèses ont été débattues.

Rejoindre l’opposition ?

La première consiste pour le FCC à rejeter systématiquement toute action de Félix Tshisekedi et la seconde, au contraire, à ouvrir les négociations afin d’obtenir une place au sein de l’Union sacrée. Joseph Kabila et ses fidèles ont également débattu de la possibilité de rejoindre l’opposition, en concédant le pouvoir au camp Tshisekedi.

Ensuite, ils ont planché sur l’opportunité de tout mettre en œuvre pour récupérer la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale et de prendre le contrôle du bureau, avant de négocier un nouvel accord qui prendrait la même forme que celui qui avait été conclu avant que ne soit initiée l’Union sacrée. Enfin, ils ont évalué une dernière option consistant à laisser agir le président sans tenter de contrer ses initiatives. En parallèle, le FCC s’active aussi à l’extérieur en déployant ses diplomates les plus aguerris pour tenter de convaincre les pays voisins d’exercer une pression sur Félix Tshisekedi.

Pendant ce temps, le chef de l’État et ses nouveaux alliés au sein de l’Union sacrée, les opposants Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, vont se retrouver dans les prochains jours à Kinshasa afin de discuter du partage des responsabilités au sein du prochain bureau de l’Assemblée nationale et du futur gouvernement. Pour le moment, rien n’est tranché. Mais selon nos informations, d’intenses discussions sont en cours pour l’obtention de la primature et surtout, du poste de président de l’Assemblée nationale.