Politique

Union sacrée en RDC : pourquoi Lambert Mende, proche de Kabila, s’apprête à rallier Tshisekedi

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 06 janvier 2021 à 18h52
Félix Tshisekedi, Lambert Mende et Thierry Monsenepwo au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 6 janvier 2021

Félix Tshisekedi, Lambert Mende et Thierry Monsenepwo au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 6 janvier 2021 © Présidence RDC

Ce 6 janvier, l’ancien ministre de Joseph Kabila s’est entretenu avec Félix Tshisekedi afin d’évoquer le ralliement de son parti à l’Union sacrée. Jeune Afrique vous dévoile les conditions de ce rapprochement. 

Reçu par Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine le 6 janvier, Lambert Mende, ancien ministre de la Communication de Joseph Kabila et longtemps porte-parole du gouvernement congolais, s’est entretenu pendant près d’une heure avec le chef de l’État.

Accompagné de l’un de ses proches collaborateurs, Thierry Monsenepwo, cadre de son regroupement politique, Convention des congolais unis (CCU) et alliés, Mende est venu finaliser le ralliement de sa formation à l’Union sacrée, la nouvelle majorité que Félix Tshisekedi forme actuellement pour contrer l’influence de Joseph Kabila.

Un mémo, trois garanties

L’ancien ministre, aujourd’hui député du Sankuru, a déposé un mémo rédigé par les neuf élus composant son regroupement. Selon nos informations, trois points y figurent. Les membres de la CCU et alliés souhaitent tout d’abord clarifier le fonctionnement de la future Union sacrée : va-t-elle prendre la forme d’une plateforme politique avec une coordination ou celle d’un parti politique ? Le chef de l’État a confirmé que la première option avait été retenue.

Deuxième point de ce cahier des charges, la CCU a demandé une garantie : la nouvelle majorité ne doit pas servir à mener une « chasse aux sorcières » contre les membres du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme de Kabila. Elle exige également que Tshisekedi assure la sécurité de son prédécesseur.

Enfin, les membres du regroupement de Lambert Mende ont demandé, dans le cas d’une adhésion à l’Union sacrée, à ce que le président leur garantisse l’attribution de responsabilités à l’Assemblée nationale, au sein du prochain gouvernement et dans les entreprises publiques.

Frustrations grandissantes

Ayant obtenu satisfaction, l’ancien ministre doit désormais dresser aux élus de la CCU le compte-rendu de la rencontre, avant d’officialiser le ralliement de son regroupement à l’Union sacrée.

Selon certains proches de Lambert Mende, cette adhésion est la conséquence de frustrations grandissantes au sein d’un FCC jugé trop « dépendant » vis-à-vis de certains caciques du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Kabila. En 2019, l’ancien ministre avait notamment essuyé un surprenant revers lors de l’élection pour le poste de gouverneur du Sankuru, alors que l’assemblée provinciale est majoritairement acquise au FCC.

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