Politique

Côte d’Ivoire : le RHDP se met en ordre de bataille pour les législatives

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 06 janvier 2021 à 21h36
Adama Bictogo, le directeur exécutif du RHDP.

Adama Bictogo, le directeur exécutif du RHDP. © Luc Gnago/REUTERS

Le parti présidentiel va devoir se choisir des candidats pour le scrutin du 6 mars. Pour arbitrer, un triumvirat composé d’Adama Bictogo, d’Hamed Bakayoko et de Patrick Achi. Et bien sûr c’est Alassane Ouattara qui aura le dernier mot.

Dernier acte de la séquence électorale qui s’est ouverte avec la présidentielle du 31 octobre, les législatives ont été fixées au 6 mars prochain. L’enjeu est d’importance, y compris pour le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le parti au pouvoir a beau avoir été conforté par la victoire de son candidat à la magistrature suprême, Alassane Ouattara, réélu dès le premier tour, il va devoir affronter une opposition ragaillardie.

Face à lui, deux poids lourds : le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié bien sûr, mais aussi le Front populaire ivoirien (FPI), dont l’aile restée fidèle à Laurent Gbagbo aura à cœur de reprendre ses bastions après dix ans de boycott.

Génération ambitieuse

D’ici là, le RHDP va devoir se choisir des candidats. Le chef de l’État a déjà encouragé tous les membres du gouvernement à se lancer dans la course. Une mission périlleuse pour ceux qui sont contestés dans leur circonscription par une jeune génération ambitieuse.

Les jeunes du parti refusent de plier l’échine

« La situation est difficile partout, confie un membre de la direction exécutive du RHDP sous couvert d’anonymat. Les jeunes du parti se signalent et refusent de plier l’échine. »

Pour autant, il n’est pas question d’en passer par des primaires. Alassane Ouattara a préféré confier les arbitrages à un triumvirat composé d’Adama Bictogo, l’influent directeur exécutif du RHDP, et des deux vice-présidents du parti, Hamed Bakayoko, le Premier ministre, et Patrick Achi, ministre d’État et secrétaire général de la présidence.

Deux autres personnalités pourront avoir leur mot à dire : Kandia Camara, la secrétaire générale du RHDP, par ailleurs ministre de l’Éducation nationale, et Gilbert Kafana Koné, ministre chargé des Relations avec les institutions de la République.

Le dernier mot reviendra au président du parti, le chef de l’État

« Nous avons mis en place deux étapes pour la soumission des candidatures. La première au niveau des coordinations régionales et la seconde au niveau de la direction exécutive, détaille Adama Bictogo. Nous procéderons à des arbitrages consensuels et équitables, mais le dernier mot reviendra au président du parti, le chef de l’État. »

Pas de mauvaises surprises

Hamed Bakayoko devrait briguer l’investiture du RHDP chez lui, à Séguéla (Nord).

L’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko. © Luc Gnago/REUTERS

Pour se prémunir contre d’éventuelles mauvaises surprises, le RHDP a également mis en place un mécanisme par lequel les prétendants s’engagent sur l’honneur à renoncer à toute candidature indépendante une fois que les arbitrages auront été rendus.

Les législatives pourraient représenter un exercice délicat pour les personnalités qui se présenteront dans des circonscriptions hostiles au RHDP, des régions où la campagne électorale pour la présidentielle et le scrutin en lui-même ont été émaillés de violences.

Ainsi la ministre de la Culture et de la Francophonie, Raymonde Goudou, candidate à l’investiture RHDP à Toumodi, aura fort à faire si elle compte s’imposer dans ce Centre traditionnellement acquis au PDCI. D’autant qu’au moins cinq autres personnalités aimeraient recevoir l’onction du parti, y compris Arthur Aloco, député indépendant qui a rejoint le RHDP depuis la dernière élection.

Une quinzaine de prétendants à Yamoussoukro

Yamoussoukro sera également très convoitée et, dans cet autre fief du PDCI, pas moins d’une quinzaine de prétendants veulent porter les couleurs du RHDP. Parmi eux, Souleymane Diarassouba, ministre du Commerce et de l’Industrie, mais aussi Augustin Thiam, le gouverneur de la ville. Dans la capitale ivoirienne, deux fauteuils sont à pourvoir et le RHDP proposera donc un ticket.

Le retour du FPI pousse Bictogo et Achi à renfiler les gants

Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence ivoirienne.

Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence ivoirienne. © Thierry Gouegnon/REUTERS

De son côté, Adama Bictogo n’avait initialement pas envisagé de se porter candidat à Agboville, pas plus que Patrick Achi à Adzopé, mais le retour annoncé du FPI dans le jeu politique les pousse à renfiler les gants dans ces deux circonscriptions du sud du pays, considérées comme des fiefs de l’opposition. Hamed Bakayoko devrait quant à lui briguer l’investiture RHDP chez lui, à Séguéla (Nord), où il a déjà été élu député en 2011 et 2016, plutôt que dans la commune abidjanaise d’Abobo, dont il est devenu le maire en 2018.

Le parti présidentiel espère emporter 160 sièges sur les 255 mis en jeu, ce qui lui permettrait de disposer d’une confortable majorité. L’opposition, bien sûr, fera tout pour contrecarrer ses plans. Le pourra-t-elle ? Cela dépendra beaucoup de la capacité de mobilisation du FPI, dont la branche historique n’a plus participé à des élections législatives depuis la chute de Laurent Gbagbo, en 2011. Et des éventuelles alliances qui pourront être nouées avec le PDCI.

 

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