Politique

Algérie : l’ex-avocat de Ali Haddad réclame toujours son dû

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Mis à jour le 6 janvier 2021 à 17:44

L’homme d’affaires algérien Ali Haddad, le 10 mars 2016. © Romain Laurendeau pour JA

Près de trois mois après le procès en appel de l’homme d’affaires Ali Haddad, l’avocat Khaled Bourayou affirme n’avoir toujours pas été payé pour son travail.

L’ancien patron des patrons, le milliardaire Ali Haddad, mauvais payeur ? Son avocat Khaled Bourayou affirme aujourd’hui n’avoir pas perçu l’intégralité de son cachet, après son retrait du collectif de défense de l’homme d’affaires et ex président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), à la veille de son procès en appel qui s’est ouvert le 11 octobre devant la Cour d’Alger, après plusieurs reports.

« J’ai vu Ali Haddad en prison pour annoncer mon retrait du collectif de défense et lui demander le paiement de mes honoraires. Il m’a dit : “Soyez certain que vous serez payé.” Mais je n’ai rien reçu », confie aujourd’hui ce ténor du barreau d’Alger.

Au fil des semaines et des mois, l’avocat perd de plus en plus patience et revient à la charge. Cette fois-ci en réclamant sa rémunération – dont il s’abstient de révéler le montant -, auprès du frère de son ex-client, Meziane Haddad, qui gère actuellement ses affaires, selon lui. Il lui donne un ultimatum d’une semaine, avant d’alerter les médias.

Points de divergence

L’exaspération de l’avocat est d’autant plus vive que l’homme d’affaires a engagé le lobbyiste américain Robert Stryk, proche du président Donald Trump, pour la bagatelle de 10 millions de dollars, et ce juste après sa condamnation le 1er juillet en première instance par le tribunal de Sidi M’hamed, à 18 ans de prison pour corruption.

L’information est rendue publique par le média américain indépendant Foreign Lobby le 29 juillet 2020, qui ne donne toutefois pas davantage de détails sur ce contrat signé avec la conseillère de Ali Haddad. Conséquence ou non de son investissement, la peine de Ali Haddad est réduite de six ans en appel, début novembre, et certains de ses biens lui sont restitués.

Autre point de divergence entre l’avocat et son client : la stratégie de défense, que Me Khaled Bourayou voulait axer essentiellement sur la communication. « Nous n’avons pas la même vision des choses. Je me suis senti un peu à l’écart après avoir remis à Ali Haddad une importante note sur ma conception de la défense de ses intérêts, à laquelle il n’a pas accordé une grande considération », explique aujourd’hui l’avocat.

Au cours de ses successives comparutions devant le juge, le fondateur et PDG de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments (ETRHB), la première entreprise privée du secteur en Algérie, est apparu comme l’un des symboles des liens troubles entre certains milieux d’affaires et l’entourage du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Considéré aussi comme l’un des principaux bailleurs de fonds des dernières campagnes de l’ex-chef d’État, Ali Haddad, président du FCE de 2014 à 2019 a été arrêté à un poste-frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports, délits qui lui ont valu, lors d’un premier procès qui s’est tenu en juin 2019, six mois de prison.