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Fouad Abdelmoumni

| Écrit par Fadwa Miadi

Militant des droits de l’homme et spécialiste du microcrédit, l’économiste marocain vientd’être distingué par une fondation américaine.

Depuis sa création, en 1996, à l’initiative de l’ONG américaine Volunteers in Technical Assistance, la fondation Al-Amana a accordé près de 2 milliards de dirhams (182 millions d’euros) de microcrédits. Uniquement à des pauvres. Le parcours de Fouad Abdelmoumni, son patron, est pour le moins atypique.
En 1972, ce dernier n’a que 14 ans lorsqu’il adhère au Syndicat national des lycées, une organisation clandestine. Quand les plus ambitieux de ses condisciples rêvent déjà d’une brillante carrière, lui se passionne pour l’activisme social. « À l’époque, dans mon milieu, on était forcément républicain et révolutionnaire, raconte-t-il. Ou alors, il fallait accepter de rester en retrait. » En 1977, le bac en poche, il s’inscrit à l’Institut agronomique. Avant même la fin de l’année universitaire, il est arrêté avec une centaine de militants de l’Union nationale des étudiants du Maroc. Il passera trois années en prison. À sa sortie, il estime plus judicieux de reprendre des études d’économie, mais sans renoncer à sa liberté de ton. Résultat : en 1983, il est à nouveau incarcéré pour deux ans.
Après sa libération, il intègre la Caisse des dépôts et de gestion et décroche parallèlement un diplôme de gestion à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (Iscae). En 1990, il est recruté par Maghreb Développement Investissement, une société d’investissement dont l’objectif est de venir en aide aux petites et microentreprises. Six ans plus tard, il prend la direction de la fondation Al-Amana, dont le siège est à Rabat. L’établissement compte aujourd’hui 622 salariés et 226 antennes dans toutes les régions du royaume.
Depuis 2003, Abdelmoumni est aussi président de Sanabel, un réseau de microfinancement dans les pays arabes. À la mi-septembre, à Berlin, la Fondation Grameen USA lui décernera son prix d’excellence. Pourtant, en dépit des honneurs et des responsabilités qui sont les siennes, il n’a rien renié de ses idées de jeunesse. Il continue de militer au sein de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et a été à l’origine de projets comme Transparency Maroc ou le Comité pour la scolarisation des jeunes filles rurales.

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