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JAD20210115-DOSSIER ECO-21 IDEES

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21 idées qui vont changer l’Afrique en 2021

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Des idées qui vont changer l’Afrique : drones agricoles, union pour le riz, micro-irrigation… [4/5]

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Mis à jour le 14 janvier 2021 à 09:55

Drone dans une plantation de palmiers à huile à Tiassale, en Côte d’Ivoire, en mai 2019 © Luc Gnago/REUTERS

Touché – durement – mais prêt à rebondir, le continent devrait rattraper cette année les pertes de 2020. Et alors que le changement climatique accélère, l’Afrique a tout intérêt à adapter ses pratiques agricoles.

  • Drones et images satellites comme outils agricoles de base

Lutte contre les criquets pèlerins, traçabilité des fèves de cacao, cartes de fertilité des sols, usage raisonné de l’eau et des engrais… Ce ne sont que quelques exemples d’utilisation des drones et des images satellitaires déjà à l’œuvre dans le domaine agricole sur le continent.

Vu les gains de productivité engendrés et la réduction du coût de ces équipements, on peut parier sur leur essor rapide au profit d’une agriculture « de précision ».

La Banque africaine de développement a conclu un projet de formation de 40 pilotes de drones en Tunisie quand la plateforme togolaise e-agribusiness (l’une des nombreuses présentes sur le continent) a signé un accord avec le chinois Quanfeng Aviation pour créer, au Togo, un centre de formation de pilotes pour l’Afrique de l’Ouest.

  • Créer une union économique sur le riz

C’est une solution concrète pour renforcer le secteur agricole et l’intégration continentale. De la même façon que l’Europe a amorcé sa construction par l’intermédiaire de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), l’Afrique aurait intérêt à commencer son intégration par un marché précis et clé pour elle.

Dans ce cadre, le choix du riz, céréale très consommée mais largement importée, s’impose. Cette proposition audacieuse en appelle une autre : instaurer, dans les nombreux pays où ce n’est pas encore le cas, une TVA sur les produits agricoles.

Imposée par la loi, cette taxation ne s’applique qu’à partir d’un certain niveau de chiffre d’affaires (c’est le seuil d’assujettissement). Autrement dit, elle met à contribution les grands acteurs, notamment les importateurs, sans toucher les petits producteurs locaux, qui sont ainsi protégés des importations. Une pratique qui génère des recettes publiques et favorise la production nationale.

  • Micro-irrigation

Cette technique d’irrigation, utilisant un réseau de distribution en surface ou souterrain « jusqu’au pied de la plante », gagne des adeptes face aux ravages du changement climatique, même jusqu’au sein de la Banque mondiale.

L’israélien Netafim, un des leaders du secteur, déploie cette technologie au Niger, avec des économies d’eau estimées entre 30 % et 55 %. L’ONG américaine iDE la teste au Burkina Faso, et des essais concluants ont été menés en Gambie et en Afrique du Sud.

La taille du marché des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte au Moyen-Orient et en Afrique représentait 360 millions de dollars en 2020 (572 millions attendus en 2025) selon Market Data Forecast.