Politique

Algérie – Gaïd Salah, Bouteflika, « Toufik » : un complot ? Quel complot ?

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Mis à jour le 06 janvier 2021 à 17h49
Sur cette photo prise le 27 juin 2012, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, à gauche, et son chef d’état-major, le général Ahmed Gaid Salah, assistent à un défilé militaire à Cherchell, près d’Alger, en Algérie.

Sur cette photo prise le 27 juin 2012, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, à gauche, et son chef d'état-major, le général Ahmed Gaid Salah, assistent à un défilé militaire à Cherchell, près d'Alger, en Algérie. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Si les principaux accusés ont été acquittés dans l’affaire du complot contre l’autorité de l’État et de l’armée, le jugement n’a pas permis de dire le dernier mot d’une affaire hors-norme, dans laquelle Ahmed Gaïd Salah a joué un rôle central. JA reconstitue les faits.

Le procès en appel aura duré 2 heures et 40 minutes, sans permettre de lever toutes les ambiguïtés autour d’un « complot » qui a marqué les derniers jours du règne du président Bouteflika. Samedi 3 janvier, le tribunal militaire de Blida a prononcé en appel l’acquittement de Saïd Bouteflika, ancien conseiller à la présidence, des généraux Mohamed Mediène, dit « Toufik », et Athmane Tartag, deux ex-patrons des services d’intelligence, ainsi que la militante trotskyste Louisa Hanoune.

Poursuivis pour « complot contre l’autorité de l’État et de l’armée », les prévenus avaient été condamnés en première instance par le même tribunal chacun à une peine de 15 ans de prison. Si le général « Toufik » a regagné son domicile, Saïd Bouteflika et Athmane Tartag, poursuivis dans d’autres affaires, ont eux été maintenus en détention.

Ce procès en appel, tout comme le jugement en première instance, n’a pas permis à l’opinion de connaître toute la vérité sur cette affaire, dont l’instigateur principal est l’ancien vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, décédé en décembre 2019. Son ombre a plané tout au long de ce procès bien que son nom ait été à peine prononcé. Le mystère s’est d’autant plus élargi que Saïd Bouteflika n’a pas souhaité livrer sa version des faits alors que « Toufik » et Tartag ont livré des informations parcellaires, donnant ainsi à ce procès un goût d’inachevé. Et le sentiment que certaines vérités ne peuvent pas être prononcées dans l’enceinte du tribunal.

Que s’est-il donc passé durant les quatre semaines qui ont précédé la démission du président Bouteflika, dont la candidature à un cinquième mandat a déclenché une révolution ? Que s’est-il tramé entre ces différents protagonistes pour que Gaïd Salah décide de les faire poursuivre en justice dès mai 2019 et lourdement condamner ? Si la justice a tranché en abandonnant la thèse du complot contre l’armée, il subsiste pour autant des non-dits, des énigmes et des interrogations sur l’un des épisodes qui ont précipité la chute de Bouteflika.

Bras de fer entre Saïd Bouteflika et Khaled Nezzar

Derrière cette thèse du complot, il y a deux parties adverses qui se livrent un duel à distance qui ne pouvait se terminer que par l’élimination de l’une ou de l’autre. D’un côté, la famille Bouteflika, de l’autre, Ahmed Gaïd Salah. Soutien indéfectible du président Bouteflika depuis des années, l’ancien vice-ministre de la Défense commence à prendre ses distances avec le chef de l’État au fur à mesure que les manifestations du vendredi pour le rejet du cinquième mandat prennent de l’ampleur aux quatre coins de l’Algérie.

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