Politique

Procès des 100 jours en RDC : Samih Jammal riposte devant les Nations unies

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Mis à jour le 4 janvier 2021 à 17:20

Samih Jammal, lors du procès des 100 jours.

Les avocats de l’homme d’affaires libanais, condamné aux côtés de Vital Kamerhe dans l’affaire du programme des 100 jours, vont saisir le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire. 

Selon nos informations, les avocats de l’homme d’affaires libanais Samih Jammal s’apprêtent à déposer une « demande d’action urgente » devant le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

État de santé dégradé

Dans un document de seize pages daté du 14 décembre et adressé au mécanisme onusien que Jeune Afrique a pu consulter, la défense du coaccusé de Vital Kamerhe dénonce, après un bref rappel des faits, les conditions de détention de leur client, incarcéré depuis le 25 février 2020.

Maîtres Bernard-Claude Mbu Ne Letang, Serge Lepighe, Jacqueline Laffont, François Artuphel, Éric Diamantis, Jemal Taleb et Benjamin Grundler assurent que la santé de Samih Jammal, qui se dégrade selon eux, est incompatible avec ses conditions de détention.

Ces conseils dénoncent également l’impossibilité pour leur client de déposer un nouveau recours après le renvoi sine die du procès en appel le 2 octobre. Une demande de remise en liberté provisoire a, selon ce même document, été déposée auprès du premier président de la Cour de cassation, mais elle n’a pas encore été tranchée.

Le 20 juin dernier, à l’issue du procès dans lequel il comparaissait au côté de Vital Kamerhe, alors directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, Samih Jammal a été condamné à vingt ans de prison pour corruption, blanchiment de capitaux et détournement de deniers publics dans le cadre du « programme des 100 jours » initié par la présidence congolaise.

Une procédure « politique »

Selon le jugement, la justice lui reproche notamment de ne pas avoir été en mesure « de justifier la destination prise par la somme de 48 millions de dollars » destinée à l’érection de maisons préfabriquées et fournies par l’une de ses sociétés. Une procédure que la défense de Samih Jammal, comme celle de Vital Kamerhe, qualifie de « politique ». Les avocats de ce dernier avaient eux aussi saisi ce même mécanisme en juin dernier.