Politique

Présidentielle en Centrafrique : l’opposition demande l’annulation du scrutin

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 31 décembre 2020 à 09h30
Une femme vote à l’occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020.

Une femme vote à l'occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020. © AP/Sipa

Quatre jours après un premier tour perturbé par les groupes rebelles, la coalition de l’opposition a demandé mercredi « l’annulation pure et simple » de la présidentielle et des législatives.

La Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020), regroupant les plus importants partis et mouvements de l’opposition au président Faustin Archange Touadéra « constate que les élections groupées n’ont pas été justes et inclusives et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain », a-t-elle fait savoir ce mercredi.  

« La COD-2020 rend responsable de cette mascarade électorale l’Autorité nationale des élections (ANE), le régime de Touadéra, le G5+ [qui compte notamment la France, la Russie, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale, ndlr], plus particulièrement le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye », ajoute encore la coalition dans un communiqué. 

Des accusations « fallacieuses et sans fondement », a rétorqué, jeudi matin, Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca, qui s’étonne que la coalition de l’opposition « ne dit rien sur l’ex-président François Bozizé, allié ds groupes armés responsables des violences actuelles », et qui fut désigné à la tête de la COD-2020. Pour Vladimir Monteiro, cette prise de position de la coalition est « une insulte au peuple de la République centrafricaine ».

Des élections « crédibles », selon le gouvernement

La COD-2020 dénonce par ailleurs l’impossibilité de voter dans plusieurs régions, affirme avoir constaté « des bourrages massifs des urnes » et évoque « un nombre de votants qui dépasse celui des inscrits » dans certains bureaux de vote.

« Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires », avait au contraire assuré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui, lors d’une conférence de presse, mardi. Les autorités ont néanmoins reconnu que le vote avait été empêché dans 29 des 71 sous-préfectures, le rapporteur général, Momokoama Théophile, précisant à l’AFP que « dans six autres sous-préfectures, il n’y a eu qu’un vote partiel ». 

« Certains avaient estimé que ces élections ne devaient pas avoir lieu et qu’il fallait tout faire pour effrayer et décourager les Centrafricains. Malgré cela, ils ont marqué leur volonté ferme d’aller voter, en dépit de tous les dangers », a insisté Ange-Maxime Kazagui. 

« Félicitations » de la Ceeac et de l’OIF

La mission d’observation de la Communauté des États de l’Afrique centrale (Ceeac) a pour sa part « félicité le peuple centrafricain pour sa maturité politique et sa détermination à faire barrage aux forces négatives qui menaçaient la tenue des élections » et adressé des félicitations à l’ANE pour avoir « relevé le défi de l’organisation des ces élections dans un contexte particulièrement difficile ».

Dans un communiqué daté du 29 décembre, signé de la main de Sylvestre Ntibantunganya, chef de la mission d’observation de la Ceeac, la mission d’observation enjoint également les candidats à « recourir aux voies constitutionnelles et légales pour des contestations éventuelles ».

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui avait également déployé des observateurs, a quant à elle salué la « participation massive des électeurs le jour du scrutin, dans les bureaux de vote visités à Bangui » où « les électeurs ont accompli leur devoir citoyen, dans le calme et la discipline ».

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