BTP & Infrastructures

Port de Dakhla, tramway de Casablanca… Les nouveaux projets du marocain SGTM

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 30 décembre 2020 à 16h23
Le nouveau port de Safi, récemment bouclé par la SGTM.

Le nouveau port de Safi, récemment bouclé par la SGTM. © SGTM

Après une année 2020 compliquée, le groupe de BTP compte sur un nouveau cycle d’investissement, y compris au-delà des frontières marocaines.

Port de pêche devant débarquer chaque année 950 000 tonnes de poissons et terminal commercial par lequel transiteraient quelque 2,2 millions de tonnes de marchandises dans les premières années : le grand port Atlantique-Dakhla, à l’extrême sud du Maroc, et dont la concession n’a toujours pas été attribué, a de quoi attiser les convoitises.

Comme plusieurs autres groupes de BTP, nationaux et internationaux, la Société générale des travaux du Maroc (SGTM) ne cache pas son intérêt pour ce marché à environ 10 milliards de dirhams, dont les travaux, qui doivent s’échelonner sur huit ans, devraient commencer dès la première moitié de 2021.

Dans le domaine des infrastructures maritimes, le groupe dirigé par la famille Kabbaja a déjà bouclé le chantier du nouveau port de Safi, récemment livré, et participe à la construction du port Nador West-Med dont la livraison ne devrait se faire qu’en 2022.

Offensive commerciale

« L’année 2020 a été complexe. Pour pouvoir continuer à travailler, il a fallu doubler le nombre des véhicules pour le transport du personnel par exemple, et investir dans des moyens de protections individuels », explique Hamza Kabbaj, qui se félicite cependant d’avoir pu maintenir « la majorité des projets », même si le rythme de certains chantiers a dû être ralenti, notamment à cause des retards d’approvisionnements en matériaux en provenance de fournisseurs étrangers ».

L’entrepreneur, qui a également constaté une « flambée des coûts de certains matériaux » (carrelage, céramique, acier…), compte néanmoins boucler cet « exercice de stabilisation » beaucoup mieux que ce qu’il avait craint au début de la crise.

Le groupe fondé dans les années 1970 par Ahmed et M’Hammed Kabbaj, respectivement le père et l’oncle de Hamza, et qui génère habituellement un chiffre d’affaires de l’ordre de 360 millions d’euros, travaille notamment depuis le mois de septembre sur les lignes 3 et 4 du tramway casablancais, un marché qui avoisine les 400 millions de dirhams, ainsi que sur trois nouveaux barrages qui entrent dans le cadre de la stratégie du Royaume pour sécuriser l’approvisionnement en eau.


>> À lire sur Jeune Afrique Business+ : Maroc : financement du Trésor espagnol pour le contrat de tramways d’Alstom à Casablanca


Hamza Kabbaj, qui codirige l’entreprise avec son cousin Ali après avoir géré SGTM Africa, espère que 2021 lancera un nouveau cycle d’investissement, maintenant que beaucoup de grands projets structurants sont livrés ou presque. Le dirigeant compte donc passer à l’offensive sur le volet commercial, afin d’être prêt à saisir les opportunités, y compris à l’extérieur des frontières du royaume.

Nouvelles cibles, nouveaux partenariats

Selon lui, la part du reste du continent dans le chiffre d’affaires du groupe devrait passer, dans les cinq années à venir, de 10 % à entre 35 % et 40 %.

Si le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont actuellement les plus gros contributeurs en dehors du Royaume, avec des chantiers tels que le barrage de Nachtigal au Cameroun ou le carrefour de l’Indénié à Abidjan, les équipes commerciales du groupe prospectent aussi en Afrique de l’Est : la Tanzanie, le Mozambique ou encore Madagascar figurent parmi leurs cibles.

« La période actuelle demande plus d’agilité et de flexibilité. Nous essayons d’être innovants en réfléchissant à des solutions d’accompagnement des gouvernements dans l’apport du financement à travers des bailleurs de fonds étrangers », explique notre interlocuteur qui assure avoir relevé des signaux positifs ces dernières semaines pour de nouveaux projets en Afrique de l’Ouest. Un partenariat de financement « innovant » est ainsi en gestation pour la construction de quatre ouvrages d’art en Côte d’Ivoire, glisse-t-il.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer