Politique

Libye : la Turquie menace de répondre à toute attaque de ses forces par le maréchal Haftar

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Mis à jour le 27 décembre 2020 à 16:59

Le maréchal Khalifa Haftar, le 17 décembre 2019 à Athènes. © Thanassis Stavrakis/AP/SIPA

La Turquie répondra à toute attaque de l’homme fort de l’Est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, contre ses forces présentes dans ce pays en guerre, a déclaré le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, lors d’une visite à Tripoli.

« Le criminel de guerre, le meurtrier qu’est Haftar et ses forces doivent savoir qu’ils seront considérés comme des cibles légitimes en cas d’attaque contre les forces turques » qui soutiennent le Gouvernement d’union nationale (GNA) dans le conflit en Libye, a indiqué tard samedi le ministre, deux jours après des déclarations belliqueuses du maréchal à l’encontre d’Ankara. « S’ils franchissent ce pas, ils ne pourront trouver aucun endroit pour fuir (…) tout le monde devrait revenir à la raison », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Le soutien militaire turc a permis aux forces pro-GNA de repousser et de mettre en échec en juin 2020 une offensive des pro-Haftar lancée en avril 2019 pour s’emparer de la capitale libyenne Tripoli. Le GNA, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, contrôle depuis l’ensemble du nord-ouest du pays.

Jeudi, Khalifa Haftar a appelé à « chasser l’occupant » turc. Il n’y aura « pas de paix en présence d’un colonisateur sur nos terres », a dit le maréchal libyen soutenu lui par la Russie et les Émirats arabes unis. Le même jour et à l’occasion du 69e anniversaire de l’indépendance du pays, le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, a appelé ses compatriotes à « tourner la page des désaccords pour aboutir à la stabilité ».

Malgré la multitude de séries de pourparlers interlibyens pour sortir le pays de la crise, rendues possibles par un cessez-le-feu signé en octobre sous l’égide de l’ONU et globalement respecté, les déclarations belliqueuses se multiplient.

Au premier jour de sa visite à Tripoli samedi, le ministre turc a discuté avec des responsables libyens des moyens de riposter à une éventuelle nouvelle offensive de Haftar, selon un communiqué du Haut Conseil d’État (HCE, pro-GNA). « Ce qui compte c’est que tout le monde contribue à une solution politique. Toute autre action ne pourra qu’être mauvaise », a-t-il déclaré samedi soir.

Le Parlement turc a adopté mardi une motion prolongeant de 18 mois l’autorisation de déployer des « militaires » en Libye, pays plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.